Entretien sur le deuil amoureux, la thérapie pour gagner du temps


Nous avons invité une thérapeute, Christele TAFFIN, à partager avec nous un peu de son approche du deuil amoureux et de la rupture et nous pensons que ça devrait nous donner matière à de fructueuses réflexions ;)

Si on vous dit "faire le deuil de son histoire d'amour", que répondez-vous ?

    Nul ne connaît une vie sans orages, drames, déchirures ou déceptions profondes, et on ne sait pas toujours de quelle manière traverser ces périodes douloureuses sans s'y noyer.

    Les émotions se bousculent avec toutes leurs contradictions. On passe de l’amour à la haine et la colère, de la joie à la tristesse, de la sérénité à la peur,…

    C’est NORMAL, mais attention à ne pas s’y « engluer », au risque de tomber dans la spirale sans fin qui nous renvoie continuellement dans le passé ou nous laisse entrevoir un potentiel futur bien gris !

Avant, on nous laissait croire que le seul remède était de "laisser du temps au temps".

Condamnés à souffrir le temps qu’il faudra ! Mais combien de temps ? Surprise !!!! Parfois des années, et pour certains toute une vie. Heureusement, ça, c’était avant !

    Bien plus que « des étapes du deuil amoureux », je dirais qu’il y a des étapes pour ne plus souffrir de cette situation, de ce changement dans notre vie.

C'est quoi alors cette notion de deuil amoureux ?

C’est quoi cette notion de deuil ? Tout au long de ma vie, je me suis créé(e) une identité, un concept, une image de la vie de couple, de la vie de famille… en fonction de mes croyances, de celles de mes parents, de mes peurs, de mon vécu, de mes interprétations,…

    Et là…. Je m’aperçois que ce je croyais être, ce que je croyais vouloir, ce que j’avais imaginé de la vie de couple,(l’amour éternel,…)  ne ressemble pas à la réalité, à « ma » réalité. Que le film que je m’étais imaginé(e) de ma vie n’existe pas réellement. C’est de ça dont j’ai besoin de faire le deuil : Le deuil de mes croyances sur le couple !

    Dans un premier temps, la souffrance a besoin d’être reconnue, entendue. La nier lui donne encore plus de puissance et augmente la douleur. Tout ce qu’elle demande, c’est d’être câlinée, accompagnée avec tendresse.

    Rapprochez-vous d’une personne de confiance capable d’écouter sans juger et avec neutralité. Pas besoin de quelqu’un qui va s’empresser de dénigrer l’autre ! Demander l’avis de tout le monde, c’est prendre le risque de se perdre encore un peu plus. Qui d’autre que vous sait mieux ce qui est bon pour vous ? Vous êtes unique !

    Les personnes qui vous estiment vraiment vous soutiendront et seront contentes de vous accompagner vers votre futur bonheur.

Deuil amoureux, quand on ne pense plus qu'à ça

    Vous ressassez, ressassez et ressassez encore et encore…vous essayez de comprendre le « pourquoi » ?

    J’ai surtout envie de vous demander : « Qu’est ce qui est bon pour vous ? Comprendre pourquoi il/elle m’a quitté, pourquoi il/elle m’a trompé,… ou : Comment je fais pour aller mieux, aller bien à partir de maintenant ? »

    A partir d’une situation, qui, au premier abord semble impossible, éprouvante, voire désespérante,

il y a l’opportunité de se réinventer.

    Si si, « promis, juré, craché » ! Merveilleuse opportunité de mettre en lumière ses peurs, ses manques, ses angoisses,…et… ses besoins, ses désirs profonds ! Besoins, désirs ? C’est quoi ces trucs ? Vous laissez sous-entendre que j’ai des besoins et des désirs personnels, en dehors du couple ?....mais c’est lui, c’est elle qui comblait mes manques, mes désirs, je ne sais pas (je ne dois pas) faire cela seul(e) !

    Et oui, derrière toutes ces émotions réveillées par la rupture, il y en a d'autres plus profondes qu'il serait bon de revisiter et transformer. C’est à partir de cette prise de conscience que l’on passe du stade de « victime », de la situation qui subit, à la position de :

« JE SUIS L’ACTEUR DE MON CHANGEMENT, J’AGIS ».

    C’est le moment opportun pour aller voir ce que j’ai projeté sur cette relation.

    La rupture met en lumière ce qui était déjà latent chez moi. Je suis allé(e) chercher chez l’autre ce qui manque chez moi. L’autre a rempli, sans que j’en sois conscient(e), mes réservoirs asséchés. Réciproquement, l’autre est venu(e) chercher chez moi ce qui lui manque le plus. En fait, on pleure sur nous-même et nos manques. La nostalgie des moments passés et les craintes du futur sans sa présence.

    Prenons un exemple : Imaginons que nous avons en nous un réservoir d’amour. Mon réservoir est rempli à 50% et je n’ai pas appris à « produire » moi-même de l’amour. Je suis généreux(se) et partage cet amour avec mon conjoint, mes enfants, mes amis, ma famille,…

    D’après vous, que va-t-il se passer ?.... Mon réservoir va finir par s’assécher ! Comme je ne sais pas produire ce « carburant » d’amour, je vais aller le chercher auprès des autres. Je deviens donc dépendant(e) de l’autre, des autres, au risque de ne plus jamais ressentir d’amour.

    Vous allez me dire : « Et alors ? »

    Et alors…Si l’autre (celui ou celle) qui comble votre manque d’amour disparait, vous allez vous assécher et rechercher une autre personne susceptible de remplir de nouveau votre réservoir. C’est que l’on appelle la dépendance ! De plus, une notion de « dette » se crée. Le carburant d’amour n’est pas « gratuit ». L’autre va donc vous demander autre chose en échange.

Deuil amoureux, quels conseils pour aller mieux et ne pas risquer de commettre les mêmes erreurs à l'avenir ?

    Le risque de ne pas nettoyer, modifier, reprogrammer mes croyances, mes peurs, mes manques est donc de reproduire les mêmes schémas dans mes relations futures !

Bonne nouvelle : Si j’apprends à produire moi-même mon carburant d’amour, je retrouve mon indépendance. Cela ouvre les portes à des relations plus équilibrées.

    Se libérer de ses peurs, ses croyances limitantes, ses manques,… (abandon, rejet,…) permet de (re)trouver la confiance en soi (amour de soi et estime de soi), et de mettre fin à tous ces vieux schémas répétitifs.

    Est-ce que ça fait mal de se libérer ? Bien au contraire : Le changement n’est jamais douloureux, seule la résistance au changement est douloureuse. Plus je résiste à ce changement inévitable et je me raccroche au passé, plus ça fait mal.

    Ai-je le pouvoir de changer le passé ? Personnellement, je n’ai pas ce pouvoir et vous !

    Dans ce cas, autant changer le présent pour préparer un bel avenir !

    Ça tombe bien, mon cerveau aime le plaisir et le recherche. Il est donc prêt à changer pour aller vers le « mieux ». Il est prêt à remplir l’espace d’un nouvel objectif.

    Pourquoi mon cerveau recherche t’il le plaisir ? Personne n’aime souffrir. Je vais mal, je vais chercher à aller mieux. Sinon, c’est que j’ai un intérêt à aller mal.

    Quand votre cerveau aura de nouveau vécu quelque chose de bon, il va continuer à aller le chercher. Il adore la bonne nourriture, les bonnes émotions !

    Est-ce que je vais effacer le passé ? Je vais modifier les émotions négatives qui y sont reliées. En effet, ce n’est pas le souvenir qui fait mal, mais bien l’émotion qu’il génère.

    Parce que oui, ces émotions tournent à plein régime au moment de la rupture. Elles sont toutes de sortie à savoir laquelle criera le plus fort. Au RDV : tristesse, colère, angoisse, dégoût, stress, peurs en tout genre. Peur de l’abandon, de la solitude, du rejet, financière, de l’inconnu,…

Comment me libérer de mes peurs liées à la séparation ?    

Mais pourquoi ai-je si peur du changement ? Parce que je me suis habitué(e), j’ai fini par trouver un équilibre dans cette relation même quand elle était inconfortable. Je me suis sur-adapté(e). Et là, on vient toucher à mon (semblant) d’équilibre.

    J’ai besoin d’un moment pendant lequel je vais être 100% « centré(e) sur moi ». Un moment pendant lequel je vais m’apporter du soin à moi-même. Je suis mon propre « patron » à l’intérieur de moi, il est temps que je reprenne les rênes de ma vie, de mon bien être intérieur que j’ai probablement négligé depuis longtemps.

    J’ai besoin d’un temps pour me rendre compte que le « nouveau » est bien et bon pour moi. Je vais aller à sa rencontre.

    A un moment, ce « nouveau » sera tellement bon et agréable pour moi que je vais le laisser prendre toute la place, remplir tout l’espace, si bien qu’il n’y aura tout simplement plus de place pour le reste (Tristesse, peurs,…).

    Et puis….un jour, sans crier gare : le bel inconnu, la belle inconnue, LA rencontre ! La rencontre de 2 personnes parfaitement « complètes », capables de combler leurs besoins et leurs désirs SEULS. L’envie de partager tout simplement !

Faut-il être accompagné (thérapie ou autre) dans cette étape du « deuil amoureux » ?

    Ma réponse et mon conseil : Faites-vous accompagner pour vous libérer de vos peurs, de vos croyances, de vos schémas, de vos interprétations, de vos manques, ... Vous attirerez à vous la (les) bonnes personnes.

Merci à Christelle de nous avoir accorder du temps ;) Vous pouvez aussi consulter notre dossier thématique sur le vaste sujet du deuil amoureux en consultant ce lien.


    Christelle TAFFIN – Accélératrice de changement - En visio dans toute la France

    Spécialiste du changement rapide (hypnose, déshypnose, zéro mental)

    Au cabinet au 127 rue de l’Yser 59350 St André lez Lille

    RDV en ligne en suivant ce lien !