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Annoncer sa séparation à son enfant


Annoncer sa séparation, son divorce à ses enfants

Comment annoncer à mon enfant que nous nous séparons ?

comment annoncer son divorce aux enfants Annoncer sa séparation ou son divorce aux enfants est un moment féroce, odieux même pour certains.

Le contexte est souvent tendu dans le couple et l’enfant peut très mal vivre cette nouvelle si elle n’est pas amenée avec empathie, douceur et impartialité.

Un enfant est capable de s'adapter bien plus facilement qu'on ne l'imagine s'il se sent sécurisé, aimé et compris. Nos petits vont surtout avoir besoin que nous restions dans nos rôles de parents. Ils doivent être protégés des dérives de nos vies d'adultes, ils n'ont pas à assister à nos disputes et nous devons nous garder de leur faire prendre parti, il en va de leur équilibre !

Comment trouver les mots justes pour dire que maman et papa ne s’aiment plus et se séparent ? Existe-t-il un discours magique qui rendrait cette annonce moins difficile à vivre ? Faut-il préparer le terrain avant de dire clairement les choses ? Quel est le contexte "idéal" pour expliquer à son enfant que sa vie va changer car ses parents divorcent ou se séparent ?

Chaque situation est unique, votre histoire et votre famille sont uniques. Il ne serait pas sérieux d’imaginer une « méthode » qui fonctionne parfaitement dans tous les cas de figure et pour tous les âges. Rien que dans une fratrie, les réactions seront différentes d'un enfant à l'autre...

Quelles que soient les circonstances de votre séparation ou ses raisons, il vous appartient de veiller à ce que votre enfant soit le moins bouleversé possible par cette terrible nouvelle pour lui.

Un enfant dont l’un des deux parents quitte le domicile conjugal en quelques heures ne vivra pas les choses de la même manière que celui auquel on aura pris le temps d’exposer la situation calmement et en répondant à ses angoisses, en le rassurant, progressivement. C’est à vous de déterminer le moment opportun, à vous de savoir quels messages votre enfant a besoin de retenir, ça dépend de sa personnalité, de son âge, personne ne connaît mieux votre enfant que vous !

Pour élargir votre approche de ce moment important, nous avons compilé de nombreux conseils auprès de nos partenaires (thérapeutes, psychologues, médiateurs, médecins…) et certains témoignages de nos clients. 

Appropriez-vous ces récits, faites votre « popote » avec tout ça et n’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez partager votre vécu ou avoir des précisions sur certains points abordés ci-dessous.

 

Quand faut-il annoncer sa séparation à son ou ses enfant(s) ?

Tous les couples traversent des périodes de crise et la rupture peut parfois être évoquée par l’un, l’autre ou même les deux.

Parler de séparation n’implique pas forcément qu’on va aller jusqu’au bout de la démarche. Certains l’utilisent comme une menace, le drapeau de la séparation, « je veux divorcer ! », « je te quitte », « il faut qu’on se sépare ! ». Nos mots dépassent souvent notre pensée.

Avant tout, il est donc préférable de prendre du recul et de réfléchir réellement à cette décision qui impactera tous les domaines de votre vie (et de celle de vos enfants).

Tant que vous n’êtes pas certains de vouloir vous séparer, il est donc inutile d’en parler ouvertement à vos enfants. Si la situation se dégrade davantage et que votre enfant assiste à certaines de vos disputes, vous pouvez cependant commencer à lui expliquer que ça ne va pas bien entre vous, que vous allez devoir discuter sérieusement ensemble, sans lui. Dire simplement qu'il s'agit de trucs de grands, que les parents peuvent se disputer et qu'il n'y a rien de dramatique à cela.

Prenez garde à ne pas lui laisser croire qu’il a un rôle à jouer dans votre rapprochement, il ne doit sentir aucune forme de responsabilité par rapport à votre couple.

Adaptez aussi votre discours à l’âge de votre enfant, vous ne vous adresserez pas de la même manière à un ado. qu’à un petit. Plus votre enfant est jeune, moins il sera curieux de savoir ce qui se trame entre vous.

Une chose est certaine, l’annonce officielle de votre séparation à vos enfants ne doit se faire qu’une fois votre décision de rompre fermement prise, au mieux d’un commun accord avec l’autre. Laissez-vous du temps et quand vous êtes sûrs, discutez ensemble de la meilleure façon d'aborder ce sujet avec votre ou vos enfant(s).

Enfants, faut - il passer par une période transitoire où l’on parle de se séparer sans l’annoncer clairement ?

C’est une idée fragile mais beaucoup d’entre nous seront tentés en pensant que ça peut préparer psychologiquement leur enfant à la suite des évènements. Parfois, c’est même naturellement qu’on emprunte ce chemin en se disant que la situation n’est pas figée et qu’il faut faire une pause pour éventuellement mieux se retrouver.

Même si ce discours peut sembler séduisant dans un premier temps, il faut se placer sous l’angle de vue de l’enfant et anticiper les conséquences que ça va avoir sur lui.

Dites-vous bien que dans sa petite tête, il va se donner la mission de tout faire pour vous réunir, il va mettre en place des stratégies pour recréer du lien entre vous. Consciemment ou inconsciemment, les enfants feront tout ce qui est en leur pouvoir afin de rassembler leurs parents autour d’eux (cauchemar, maladie, difficulté à dormir, comportements inhabituels, pipi au lit, angoisses…).

Mettons que vous décidiez de vous donner une chance de poursuivre votre histoire, l’enfant pourrait le vivre comme une sorte de toute puissance (« c’est grâce à moi s’ils sont de nouveau amoureux ! »). Au contraire, imaginons que vous alliez au bout de la rupture, il se sentira immanquablement responsable, il n’aura pas réussi à éviter le pire, il aura échoué.

Dans les deux cas de figure, il n’y a rien de bon à retirer de cette période transitoire où vous n’êtes ni ensemble, ni séparés aux yeux de votre enfant.

Si cette période est inévitable, prenez soin d’expliquer les choses à votre enfant avec des propos adaptés à son âge et en insistant sur le fait que ça ne concerne que votre histoire de couple, qu’il n’y est pour rien et qu’il ne peut pas influer sur la suite des évènements.

Certains parents aménagent un peu la réalité et s’inventent des déplacements professionnels ou d’autres impératifs pour justifier une période d’absence prolongée, c’est parfois une solution adaptée. Encore une fois, c'est à vous de choisir ce qui convient le mieux à votre mode de vie et à vos attentes, l'essentiel étant que vous teniez un discours cohérent face à votre enfant. Si l'un de vous dit bleu et l'autre vert, il y a des chances que vous fassiez pire que mieux...

 

Faut-il annoncer sa séparation, son divorce à un enfant ensemble ou chacun de son côté ?

En général, nous nous gardons bien d’ériger des grands principes mais en l’occurrence, nous allons faire une exception puisque la réponse à cette question fait l’unanimité.

Oui, il est préférable que les parents soient ensemble pour annoncer leur séparation à leur(s) enfant(s).

Il est important pour ne pas dire primordial que les parents s’inscrivent ici dans une démarche commune et prennent le temps d’avoir une vraie discussion avec l’enfant autour de cette nouvelle très déstructurante pour lui.

Préparez-vous à ce moment, échangez l’un avec l’autre pour tenir un discours bienveillant face à votre enfant. Il serait dommage que les propos de l’un viennent contredire ceux de l’autre, il serait dramatique que l’un d’entre vous s’écroule et fasse peser toute la responsabilité sur l’autre. Choisissez vos mots, essayez d’être sur la même longueur d’ondes et surtout, prenez soin de maintenir un respect mutuel dans vos échanges face à votre enfant. Il a surtout besoin de sentir que vous restez ses parents, même séparés, même si vous ne vivez plus sous le même toit.

 

Comment annoncer sa séparation, son divorce à son enfant ?

Rappelons qu'un enfant vit davantage dans le présent que nous, les adultes, c’est par conséquent inutile de lui annoncer des mois à l’avance.

De nombreux spécialistes de la petite enfance s’accordent pour conseiller d’annoncer la séparation à quelques semaines de sa concrétisation, c’est à dire un peu avant la fin de la vie commune.

Pour ce qui est de l’instant lui-même, choisissez un moment où vous savez que vous ne serez pas dérangés, coupez vos téléphones et essayez d’être dans un contexte calme, propice à l’écoute. Prenez votre temps pour lui expliquer simplement la situation et lui laisser vous poser des questions, à son rythme.

Vous pouvez aborder le sujet en mettant l’accent sur la différence qu’il y a entre l’amour entre deux personnes et l’amour qu’on a pour son enfant. Dites-vous bien que ce qui l’angoissera le plus, c’est d’imaginer que si vous ne vous aimez plus, il est possible qu’un jour vous ne l’aimiez plus à son tour.

Aidez-le à faire la différence entre l’amour des amoureux, celui entre papa et maman et l’amour que vous lui porterez toujours, celui qui lie un parent à son petit, de l’ordre de l’instinct. Le premier peut avoir une fin alors que le second est inconditionnel, éternel, indestructible.

Il est probable que votre enfant ne prenne pas bien la nouvelle mais ne le laissez pas s’emporter et paniquer face à cette annonce. Au contraire, incitez-le à verbaliser ce qu’il ressent et rassurez-le !

Votre enfant va surtout avoir besoin d’être tranquillisé, de savoir que tout son monde ne va pas s’écrouler pour autant. Selon les spécialistes, c’est entre 4 et 10 ans qu’il aura le plus besoin d’être déculpabilisé et consolé. Insistez sur le fait qu’il n’y est pour rien, que ce n’est pas sa faute et que vous continuerez à l’aimer tout aussi fort, même si vous n’êtes plus en couple.

Dans un premier temps, tout se mélangera dans sa tête mais s’il garde à l’esprit que l’amour que vous lui portez est invulnérable, ses repères fondamentaux ne seront pas ébranlés et vous aurez préservé l’essentiel.

Même si c'est facile à dire, essayez de ne pas vous laisser ronger par la culpabilité. Votre enfant doit sentir que votre choix est ferme et définitif et que vous l'assumez ensemble.

Une fois la séparation annoncée, comment préserver son enfant des angoisses que cette transition pourrait provoquer chez lui ?

Incitez votre enfant à verbaliser ses sentiments par rapport à votre séparation. Il faut qu’il se sente libre de dire ce qu’il a sur le cœur, même s’il vous reproche beaucoup de choses.

Encouragez-le à parler de ce qu’il ressent, poussez-le à exprimer son état d’esprit, surtout si vous le sentez en fragilité.

Essayez de répondre le plus honnêtement possible à ses peurs et ses doutes, il aura besoin d’être rassuré par rapport à des détails qui peuvent parfois vous sembler secondaires mais qui le rattachent à des repères importants pour lui (« comment répartir mes affaires entre vos deux maisons ? », « qui va m’emmener à mes cours de rugby ?», « est ce que nous pourrons encore partir en vacances ensemble ? », « viendrez-vous toujours assister ensemble à mes spectacles de danse ? »…).

Dites à votre enfant ce qu’il a besoin de savoir mais n’entrez pas dans les détails de ce qui ne regarde que votre histoire d’adultes (pas la peine de lui parler tout de suite de l’autre personne dans votre vie s’il y en a une, pas la peine de lui divulguer les raisons qui vous poussent à vous séparer, abstenez-vous en général de reprocher à votre futur ex-conjoint(e) des choses devant votre enfant…).

Si la communication se brise, ce qui peut arriver notamment avec les ados, essayez de vous rapprocher d’une personne de confiance dans votre entourage, une personne à laquelle votre enfant serait enclin à se confier, aidez-le à « vider son sac ». Vous pouvez aussi faire appel à un thérapeute, un psychologue ou un médiateur, ils sont compétents pour recevoir la parole de votre enfant et lui permettre d’avancer dans l’acceptation de cette décision de vous séparer.

Dans le cadre de l’accompagnement que nous proposons aux couples qui font appel à nous pour se séparer dans les meilleurs délais et conditions, nous travaillons énormément avec les thérapeutes et nous constatons chaque jour à quel point leur expertise s’avère utile et bénéfique pour aider les parents et leurs enfants au moment de la séparation.

Conseils avisés et témoignages de professionnels pour annoncer sa séparation à son enfant

Amandine, Thérapeute spécialisée dans la famille

« Je reçois très souvent des couples qui s’apprêtent à se séparer et qui me sollicitent en amont de l’annonce à leurs enfants afin de se préparer à leur expliquer.

Je trouve cette démarche très saine car je peux leur donner des outils pour mieux vivre ce moment difficile, plus posément en tous cas.

Je pense qu’il est préférable de préparer ensemble cet instant qui tient une place capitale dans l’acceptation de cette décision par l’enfant. J’aimerais que les couples soient plus nombreux à avoir ce réflexe de faire appel à un spécialiste avant de discuter de la séparation avec leur enfant. En effet, l’adage « il vaut mieux prévenir que guérir » trouve parfaitement sa place ici. C’est bien plus sain et simple de voir un thérapeute avant pour affiner le discours et anticiper les difficultés alors que ce sera toujours plus compliqué de réparer les blessures d’un échange mal vécu ou cauchemardesque pour l’enfant. 

A mon humbel avis, l'un des point les plus important est de garder un respect mutuel entre parents, au moins devant les enfants. Le plus difficile pour un enfant, surtout entre 4 et 14 ans, c'est de voir ses parents se déchirer...»

 

mes parents divorcentPauline, médiatrice familiale

« Je travaille régulièrement dans le cadre des accompagnements des couples souhaitant se séparer et c'est loin d'être évident parfois.

Je constate depuis des années l’importance de ce qui est dit aux enfants quand on leur apprend la nouvelle. Leur petit monde s’écroule puisqu'il repose en grande partie sur les épaules du couple parental. Les parents ont une responsabilité par rapport à ce moment précis.

L’enfant va avoir peur mais si vous veillez à ce qu’il comprenne bien que vous continuerez à l’aimer de la même manière et à prendre soin de lui, il sera vite rassuré. Un enfant a surtout besoin de sentir qu’il continuera à être choyé, peu importe que ce soit dans un ou deux foyers différents.

Passez du temps avec lui et donnez lui l’opportunité de dire ce qu’il pense, même s’il vous en veut beaucoup dans un premier temps. Si vous percevez une retenue ou un manque de communication, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel qualifié. Je ne veux pas faire de généralités mais je constate notamment que chez les adolescents, nous jouons un rôle important et nous permettons d’éviter des situations très compliquées… ».

Hervé, thérapeute

accepter le divorce de papa et maman

« J’ai très souvent l’occasion de recevoir des familles qui souffrent de la séparation du couple parental et je peux dire que c’est une période très vulnérable ou les enfants sont en première ligne. Avant tout, je veux rappeler qu’un enfant ne doit jamais être le messager entre ses parents. Il est indispensable d’apprendre à communiquer sans passer par l’enfant, même si la charge émotionnelle est très lourde, même si les rancœurs sont omniprésentes. Ce sera bien plus difficile d’accompagner un enfant qui a fait le tampon entre son papa et sa maman que d’aider ce même enfant à accepter simplement la décision de se séparer prise par le couple parental. Prenons garde aussi de ne pas faire peser sur lui des responsabilités qui sont les nôtres. Il faut à tout prix tenter de maintenir un respect réciproque, vous posez les bases de votre future coparentalité. Certes, vous ne serez plus un couple au sens propre mais vous resterez liés par la relation parentale que vous partagez.

Les parents sont tout à fait en mesure de conduire ce moment difficile sans faire appel à nous. Cependant, si vous vous sentez perdus face à cette annonce de la séparation à votre enfant, je vous conseille fortement de trouver un spécialiste rapidement pour préparer ce moment. Il suffira sans doute d’une seule séance pour démêler les nœuds et choisir les bons mots. De plus en plus de couples traversent la séparation et même s’il ne faut pas banaliser cet état de fait, je constate dans mon cabinet que les enfants s’adaptent, du moment qu’on les préserve. Même si vous souffrez aussi, prenez le temps de recevoir la déception et la tristesse exprimées par votre enfant, c’est normal, sain et constructif pour la suite de sa vie. »

Pour aller encore plus loin, vous trouverez ci-dessous différents témoignages de parents qui sont passés par là et qui ont eu envie de partager ça avec nous, merci à eux !

Témoignages de parents "Comment avez-vous annoncé votre séparation à vos enfants ? Si vous n'aviez qu'un conseil à donner aux autres ?"

temoignage papa divorceQuentin, 42 ans, papa de Margot et Estelle, 10 et 6 ans.

« Le moment d’annoncer notre séparation est venu naturellement car nous avions pris le temps d’en discuter longuement quand on a décidé de rompre. Nous savions que ce serait un passage difficile et que nos filles étaient très jeunes pour entendre ça. Moi, je craignais qu’elles rejettent totalement notre décision, surtout l’aînée, Margot, qui est explosive, un peu comme moi.

Mon ex-femme a toujours été très proche de ma mère qui est psychologue et qui nous a vachement aidé à gamberger sur la question de l’annonce aux filles.

Après discussion, nous avons finalement décidé d’expliquer la situation très simplement, à table un midi pendant les vacances de la Toussaint. On a parlé chacun notre tour et le message était le même, « on n’est plus amoureux mais on vous aimera pour toujours ». Au départ, elles étaient tristes, elles ont pleuré un moment, je n’oublierai jamais, c’était carrément dur. Le soir même, ça allait un peu mieux, moins mal en tous cas. Elles avaient des dizaines de questions, surtout logistiques en fait. « Où va vivre papa ? », « Comment on fera pour les vacances ? », « On pourra avoir un chien dans ta nouvelle maison papa ? »…des tonnes de questions !

Les jours qui ont suivi, l’aînée a passé beaucoup de temps avec moi, elle était triste parfois, en colère à d’autres moments. J’ai déménagé deux semaines plus tard, il y a eu quelques larmes mais normal, j’imagine. Heureusement que nous avions bien calé notre organisation à court terme, les filles savaient quand elles me retrouveraient et réciproquement ! Je me dis que ça doit être autrement plus compliqué quand les parents n'arrivent pas à s'entendre au moins là dessus et que les gamins ne savent pas quand il verront papa ou maman...

Personnellement, je crois vraiment que les enfants peuvent tout entendre s’ils se sentent aimés et en sécurité. Je ne dis pas que mon ex. et moi sommes les meilleurs amis du monde mais on a bien géré la fin de notre histoire.

Mon conseil peut sembler un peu nul et j’en ai deux en fait ;

  • Dites les choses simplement, honnêtement… pas la peine de tourner autour du pot deux heures.
  • Prenez une semaine de vacances pour rester avec vos gamins, au moins le temps qu’ils avalent un peu la pilule.

Voilà, bon courage ! »

Caroline, 38 ans, maman de Mathis, 11 ans.

« J’ai subi notre séparation pendant des mois avant qu’on se décide à l’annoncer à notre fils. C’est mon mari qui a choisi de me quitter et je ne l’acceptais pas du tout. Mathis avait 10 ans et il sentait bien que j’étais malheureuse, je pleurais beaucoup, je n’arrivais pas à accepter cet état de fait. Nous faisions l’effort de cohabiter pour ne pas bousculer les habitudes de notre fils mais nous nous disputions énormément et il assistait à des scènes très dures.

 J’ai fini par aller consulter une thérapeute sur les conseils d’une amie qui était-elle même passée par là. Après quelques séances, j’ai compris que je ne pouvais rien faire pour changer les choses et qu’il fallait que j’accepte la situation. J’ai laissé passer quelques semaines pour que la relation entre moi et le père de mon fils s’améliore. J'avais besoin d'un temps de digestion avant d'être capable d'annoncer notre séparation sans rejeter toute la faute sur mon ex-mari. Je ne voulais pas que mon fils subisse la colère que j'avais à l'encontre de son père...

A mon avis, il faut attendre que la communication entre vous et votre futur ex. soit apaisée pour l’annoncer à votre enfant. Nous avons patienté en s’organisant pour être le moins possible ensemble à la maison. Une fois que je me suis sentie prête, nous sommes allés déjeuner à trois dans un restaurant et nous lui avons expliqué qu’on allait divorcer. Il a plutôt bien réagi, ce qui était le plus dur pour lui (et pour moi), c’est que son père partait pour une autre femme, une proche de notre famille.

Pendant quelques mois, la relation père/fils en a pris un coup, Mathis ne voulait jamais voir son père, il refusait de rencontrer sa nouvelle compagne. Les vacances d’été passées, il a vite accepté sa nouvelle vie, nous sommes en garde alternée. Je sais qu’il aurait préféré que notre couple dure mais je vois bien qu’il ne souffre plus de notre divorce, il a tellement de copains qui ont vécu la même chose, ils en parlent entre eux et je suis certaine que ça l’aide.

Mon conseil pour annoncer sa séparation à un adolescent ? peut-être essayer de garder pour vous l’adultère s’il y en a eu un, je ne sais pas en fait…les enfants, surtout à l'adolescence, ont les yeux et les oreilles qui traînent partout. J'imagine que ça dépend de l'âge de votre enfant, il vaut mieux qu'il apprenne ça par l'un de ses parents (ou les 2) que par une tierce personne ou pire, en le découvrant lui-même ! Si mon fils avait surpris son père avec une autre femme, ça aurait sans doute été dramatique ! 

Finalement, c'est difficile de ne donner qu'un conseil, j'ai envie de vous dire, prenez votre temps et en tous cas, dites-lui que vous l’aimez !  »

 

separe mais toujours parents François et Mélanie, 35 et 39 ans, parents de Zoé et Emile, 5 et 8 ans.

F. « Nous étions au bout de notre histoire, nous savions tous les deux que c’était la fin et ça a sans doute rendu les choses plus simples dans notre cas »

M. « Oui, c’est vrai puisque nous acceptions parfaitement la situation mais on appréhendait quand même l’annonce à nos enfants, surtout qu’ils ne s’attendaient pas du tout à ça vu qu’on s’est toujours bien entendus et rarement engueulé devant eux. En vrai, Zoé, notre fille aînée, a été très perturbée sur le moment »

F. « Oui, c’était dur pour Zoé alors que son petit frère (Emile), était surtout bouleversé de voir sa sœur dans un tel état de tristesse. »

M. « Nous avons choisi de leur dire à la maison, un samedi après-midi où nous étions tous les deux disponibles. On avait bien potassé notre discours, on savait exactement ce qu’on voulait faire passer comme messages. On a commencé par leur dire qu’on les aimait et que c’était infini, on a fait la différence entre l’amour filial et l’amour des amoureux. On avait passé des heures sur internet et des bouquins, on savait que c’était ça le plus important. »

F. « Emile était un peu dissipé mais Zoé nous écoutait attentivement, elle sentait que le moment était important. Quand ils ont compris tous les deux, c’est en fait Zoé qui a expliqué à son petit frère avec des mots d’enfant, elle a fini par pleurer… et moi aussi, comme un con… »

M. " C’est normal, on a tous pleuré ! c'était la fin d'une chose importante dans nos vies à tous, rien que d'en reparler, les larmes me monteraient presque...."

F. " Plus tard, Emile était couché, notre fille a eu besoin de parler, elle est descendue nous trouver, elle n’était pas d’accord, elle nous en voulait, elle était très en colère. Je me sentais démuni…devant ses 8 ans dressés face à nous !"

M. « J’ai parlé longtemps avec elle, des heures ce soir-là. Elle a dit plein de choses et j’ai écouté en me taisant. Même si ça partait un peu dans tous les sens, elle a pu vider son sac. Selon nous, faut surtout avoir une oreille attentive et disponible, faut leur donner du temps. »

F. « Je suis carrément d’accord et je répète qu’on a eu la chance de nous respecter mutuellement et d’être en phase avec notre décision de nous séparer. »

M. « Nous ne sommes plus partenaires amoureux mais nous restons partenaires parents, c’est une sorte de couple aussi, non ? »

 

papa annonce le divorceMatthieu, 48 ans, papa de Milia, 17 ans.

« Avec la maman de ma fille, nous avons décidé de divorcer alors qu’elle entamait sa seconde, en pleine crise d’adolescence ! Je pensais qu’elle accepterait ce choix sans broncher, elle n’était presque jamais à la maison, toujours en vadrouille avec ses copines ou au lycée. Elle avait plein de camarades dont les parents étaient séparés, je me disais qu’elle était préparée.

Pas du tout, ça a été bien plus compliqué que prévu et je me dis que la façon dont nous lui avons annoncé n’y est pas pour rien…

Pour être exact, c’était un soir comme les autres, je suis rentré plus tard que d’habitude du bureau et mon ex-femme était en train de ranger la cuisine pendant que notre fille terminait son repas. Il a suffi d’un détail pour que nous nous disputions encore, Milia assistait souvent à nos engueulades mais elle devait être fatiguée puisqu’elle a balancé son assiette et s’est écrié « bah, vous devriez peut-être divorcer alors !!! », j’ai bêtement répondu que c’était prévu pour le mois prochain et que je n’attendais que ça … elle s’est enfuie en hurlant, elle a fait une fugue de trois jours et nous avons cru mourir d’inquiétude sa mère et moi.

On a fini par la retrouver chez un étudiant qu’elle fréquentait et qui l’hébergeait, je me dis souvent qu’il aurait pu se passer tellement de drames en l’espace de ces trois jours.

Un an plus tard, je peux dire que je regrette de ne pas avoir pris conscience plus tôt que les circonstances dans lesquelles un enfant, peu importe son âge, apprend la séparation de ses parents, sont extrêmement importantes. Je sais que si c’était à refaire, je ferais mieux et ce serait autant pour ma fille que pour moi-même. 

Mon conseil est tout simple donc, n’annoncez pas votre souhait de vous séparer sous le coup de la colère, c’est forcément une erreur. »

divorce et adolescents Françoise, 51 ans, maman de Floriane et Amandine, 16 et 18 ans.

« On se disait que nos filles étaient grandes et qu’elles accepteraient sans soucis notre décision. Étant moi-même fille de parents divorcés et ayant terriblement souffert de leur séparation qui a été très tendue, je me faisais tout un monde de leur annoncer ça.

Mon ex-mari était bien plus détendu que moi et il se moquait même de ma parano. Comme je rachetais la maison familiale, je ne voulais absolument pas que nous leur annoncions notre décision chez nous. On a fini par décider de leur dire pendant les vacances de Février, lors d’une escapade à la campagne chez des amis, loin de chez nous.

Le deuxième jour, après le déjeuner, nous avions prévu une balade dans le coin. J’ai abordé le sujet avec des tremblements dans la voix et je me suis effondrée en quelques minutes. Amandine qui est la plus âgée de nos filles a eu besoin de s’isoler un moment avant de nous rejoindre pour mieux comprendre. Nous avons passé au moins deux heures à marcher dans le froid en parlant de tout ça. Elles avaient des tas de questions, pourquoi, pour qui, quand, comment…? Nous avons essayé de répondre franchement même si certains points ne les regardaient pas. Le soir, au dîner, elles avaient parlé ensemble avant de nous rejoindre à table, elles acceptaient notre décision et elles souhaitaient surtout que nous restions en bons termes. Je me faisais une montagne de leur dire la vérité et je me dis à présent qu’il faut faire au plus simple mais c’est sans doute aussi parce que mes filles étaient déjà grandes. »

Charlotte, 31 ans, maman de Gaspard et Louise, 7 et 4 ans

adolescents et divorce« Mes parents ont divorcé alors que j’avais 8 ans et j’en garde un souvenir cauchemardesque. Je ne voulais pas reproduire les mêmes erreurs avec mes enfants et je craignais de les traumatiser car ils étaient encore plus jeunes que moi. Heureusement que nous avons bénéficié des services d’une thérapeute exceptionnelle qui a préparé ce moment de l’annonce aux enfants avec nous.

Louise n’avait que 4 ans, comment savoir si elle comprenais ? alors que Gaspard qui a seulement trois ans de plus, a tout de suite compris. C’est important de choisir le bon endroit et le bon moment. Je voulais que nous soyons ensemble pour leur dire, je voulais aussi que ce soit dans un lieu neutre mais quand même chaleureux. On a décidé de faire ça un samedi après-midi lors d’un pique-nique en famille pas très loin de chez nous. C’est mon ex. qui a entamé la discussion, ils étaient très attentifs et je scrutais leurs moindres réactions.

Nous avons insisté sur le fait que ce n’était absolument pas leur faute et que ça ne changeait rien à notre amour pour eux. Gaspard a parlé de ses copains qui avaient déjà deux maisons, il a dit qu’il n’était pas ravi qu’on ne soit plus amoureux mais qu’il voulait bien vivre une semaine chez papa puis une autre chez maman. Nous avons souri quand il a ajouté que la seule condition, c’était qu’il reste avec Louise, sa petite sœur adorée ! Au départ, je me disais que Louise était trop petite pour comprendre et qu’elle se ferait naturellement à sa nouvelle vie. Je me suis trompée puisque la semaine suivante, elle refaisait pipi au lit et l’endormissement était un calvaire. On l’a emmenée à quelques séances chez la thérapeute qui nous avait suivis plus tôt et les choses sont rentrées tout doucement dans l’ordre. J’avoue que ça m’a étonnée qu’une enfant si jeune intériorise autant par rapport à ce contexte. Aujourd’hui, elle va bien, nous allons tous bien. La garde alternée nous convient et je sais que nos enfants ont pu retrouver des repères solides grâce à l’entente que nous préservons entre nous.

Mon conseil si je dois n’en donner qu’un seul, c’est de se préparer ensemble avec son ex, faire l’effort de se montrer unis dans la désunion, c’est paradoxal mais c’est exactement ça ! »

 

 

temoignage pere divorceAntoine, 45 ans, papa de Leon, 9 ans et Mathilda, 11 ans.

« Si je devais donner un conseil aux parents qui divorcent pour l’annoncer à leurs enfants, je leur dirais simplement, « méfiez-vous de vous-même ! ».

On pense naïvement que nos enfants peuvent tout entendre et qu’ils s’adapteront à nos 4 volontés si on les impose avec fermeté, on se trompe lourdement. Mon ex-femme et moi-même avions décidé de nous séparer depuis plusieurs mois quand j’ai pris le parti de le dire aux enfants un soir avant son retour du boulot. Les gamins se disputaient, j’ai crié plus fort et ils m’ont rétorqué qu’ils en avaient ras le bol eux aussi de nos disputes. J’ai réagi sous le coup de la colère en hurlant que contrairement à nous, ils n'allaient pas pouvoir divorcer et devraient se supporter encore quelques années. Ma fille a fondu en larmes en comprenant ce qui se passait, mon fils s’est enfermé dans sa chambre jusqu’au lendemain, refusant de me parler pendant des jours.

Mon ex-femme m’a beaucoup reproché ma réaction à vif et il nous a fallu du temps pour réparer tout ce gâchis. J’ai eu de longues discussions avec chacun d’eux, je me suis excusé et je sais à présent qu’il ne faut pas s’attendre à ce que les gamins acceptent sans broncher une décision qu’ils vont subir au quotidien. J’ai déménagé un peu avant l’officialisation de notre divorce et au début, mes enfants ne voulaient pas venir dans mon appartement. Je les voyais régulièrement mais ce n’était plus pareil. A présent, ça va bien mieux mais je sais que la façon dont on annonce sa rupture à ses enfants est extrêmement importante pour la suite des événements. Je regrette de m’être emporté, j’aurais aimé pouvoir leur expliquer les choses avec leur mère, dans un vrai échange. On ne peut pas revenir en arrière mais si mon témoignage peut servir à d’autres, tant mieux. »

 

Merci à celles et ceux qui ont partagé leur vécu avec nous, avec vous.

On ne prétend pas que vous avez à présent les clés pour traverser cette épreuve de l'annonce de votre séparation, ce sera sans doute pénible et triste mais comme nous, vous savez à présent ce qu'il ne faut pas faire. On ne naît pas parent, on le devient !

Si vous aussi, vous avez envie de témoigner et de faire de votre expérience un exemple pour d'autres parents, n'hésitez pas à nous envoyer votre récit !