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Couple, quand la séparation s'impose


Couple, la séparation ou le divorce parfois nécessaire, autopsie des ruptures qui s'imposent

 

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La séparation est entrée dans les mœurs et chacun peut s’en sentir victime ou coupable à n’importe quel moment de sa vie.

Plus d’un tiers des mariages se terminent en divorce, quasiment un sur deux dans les grandes métropoles. En France, on compte environ 300 000 séparations par an tous types d’union confondus, des centaines de couples se séparent donc chaque jour dans notre pays.

Quel est le secret des ménages qui tiennent dans le temps ? Existe-t-il une recette magique pour garder le cap ? La réponse est malheureusement non mais vous vous en doutiez, n'est ce pas ? 

Ce serait utopique d’imaginer créer une méthode de conservation longue durée du couple qui conviendrait à tous. En revanche, il est regrettable de constater que de nombreuses histoires d’amour se terminent pour de mauvaises raisons ou sur des actes manqués que l’on regrette parfois très longtemps.

Comment savoir quand c’est la fin de notre couple ?

 

Comment être sûr que la séparation est l’unique option possible ?

Nous avons listé 6 situations qui apparaissent comme étant parmi les plus difficiles à surmonter et qui doivent amener à se poser très sérieusement la question d’une séparation ou d’un divorce si vous êtes mariés.

Chaque situation est illustrée par le témoignage d’un de nos clients ayant accepté de partager son expérience dans le cadre de cet article qui nous concerne tous (les prénoms ont été changés, merci encore à ceux qui ont accepté de partager leur récit ;).

Avant d'entrer dans le vif du sujet, nous tenons à rappeler qu'une séparation ou un divorce ne sont pas des décisions anodines et nécessitent par conséquent une véritable introspection.

Si vous vous sentez totalement démuni(e) face à votre situation de couple, il est essentiel de vous faire aider par votre entourage ou un professionnel habilité à vous guider dans cette période extrêmement éprouvante.

Il existe des solutions pour celles et ceux qui se retrouvent face à des situations préoccupantes, n'hésitez jamais à demander de l'aide !

Reproches continuels, votre conjoint(e) ne vous respecte pas.

quand votre conjoint va trop loin dans les reproches et le mepris Il arrive dans de nombreux couples que l’un des conjoints ait une forme de contrôle sur l’autre et qu’il s’en serve pour l’amoindrir et le rabaisser continuellement.

Sous couvert de faire de l’humour ou parce que ça a toujours été ainsi, certains conjoints s’autorisent à discréditer ou même à humilier l’autre en permanence.

Au début de l’histoire, l’amour est passion et on ne se rend pas forcément compte de ce type de comportements désobligeants, on accepte jusqu’à ce que cela devienne intolérable. Celui qui persécute ne comprend généralement pas ce qui dérange tout à coup l’autre alors que ça a toujours été comme ça. Ce qui était acceptable au départ peut s’avérer inadmissible avec le temps qui passe ou s'amplifier au fur et à mesure.

Endurer la personnalité d’un partenaire qui n’a de cesse de vous rabaisser est inenvisageable sur la durée.

Certains couples entretiennent une relation conflictuelle qui correspond à leurs personnalités et on a tous, dans notre entourage, des proches qui n'ont de cesse de se "titiller" ou de s'engueuler franchement. Il faut bien différencier ce cas de figure de celui où l'un des conjoints est en souffrance par rapport à un mode relationnel qui ne lui convient pas ou plus.

Souvent, ce type de situation nécessitera l’intervention d’un professionnel et cela implique une prise de conscience de la part de celui qui fait souffrir l’autre et qui devra radicalement changer sa façon d’être s’il veut que son couple perdure.

Le témoignage de Matthieu est explicite à ce sujet:

« J’ai été instrumentalisé pendant 8 ans avant de toucher le fond et de réagir. A présent, je suis séparé depuis presque 6 mois et tout va mieux, je me reconstruis, je suis heureux et même si j’en veux encore à mon ex, je lui pardonnerai avec le temps.

J’ai rencontré la mère de ma fille chez des voisins de mes parents. A l’époque, j’étais très timide et discret, tout l’opposé d’elle. La première année de notre histoire, tout allait bien, elle me donnait confiance en moi, son assurance était un exemple pour moi et j’étais très fier qu’une telle femme m’ait choisi. Après notre mariage et la naissance de notre fille, tout a changé rapidement.

Mon épouse devenait de plus en plus exigeante, je ne me sentais jamais à la hauteur, elle se moquait de moi en permanence, tout était sujet à rire de moi mais pas avec moi. Elle pouvait appeler sa mère ou ses sœurs plusieurs fois par jour pour raconter à quel point j’étais nul ou incapable. Je me souviens d’une fois où elle m’avait envoyé chercher des couches pour la petite, je me suis trompé dans la taille et après m’avoir raillé sans ménagement, elle avait raconté sa version de l’affaire (où je passais pour un débile profond) à une tablée de 40 personnes le week-end suivant et chaque fois que c’était possible pendant des semaines. Tout était prétexte me dénigrer et si j’avais le malheur de dire « stop, ça suffit », je devenais le pauvre « Calimero » susceptible et incapable de faire preuve d’autodérision.

Il faut croire qu’on se fait à tout puisque j’ai accepté de vivre comme ça pendant des années, mettant de côté mon amour propre pour me consacrer à ma fille, mon boulot, mes obligations. Pas un jour sans reproches, pas une semaine de vacances sans que je fasse l’objet de moqueries en tous genres, « tu ne vas pas mettre ce maillot ! on dirait une otarie ! » (force est de reconnaître que je ne suis pas un poids plume…mais quand même !), « regardez comment il a coiffé sa fille ! il ne sait même pas faire une couette ! », « heureusement que je suis une nana fidèle sinon, ça fait belle lurette que tu serais cocu ! », « t’as vu le mec de S…., il est vachement sexy, pourquoi tu fais pas un petit effort pour t’arranger ? », « ah, non, je ne fais pas équipe avec lui, je me le tape déjà toute l’année et puis, j’ai envie de gagner la partie! »…… la liste est sans fin, je vous épargne les pires !

Jusqu’au jour où ma fille a fêté ses 7 ans, l’âge de raison, ma belle princesse. Nous avions organisé un goûter d’anniversaire et j’avais préparé un spectacle de magie pour lui faire plaisir. Je commence mon numéro, les enfants sont attentifs et manque de bol, je rate la fin de mon tour de magie, j’ai oublié une étape… Je m’apprête à faire mon second show mais mon épouse me coupe sèchement ;

« Allé, il est gentil Houdini mais il ferait mieux d’aller s’occuper du gâteau, quoiqu’il est capable de le faire brûler ! MAGIE les enfants !! » en éclatant de rire.

J’étais sidéré, je n’ai même pas vu si les enfants riaient à sa moquerie puisque je regardais juste ma fille, au milieu de ses amies, les larmes aux yeux de me voir encore ridiculisé par sa mère devant tout le monde. Elle a sauté dans mes bras pour me consoler et ce fut le déclic, j’ai compris qu’elle avait conscience de ce que je vivais, du haut de ses 7 petites années. Le soir même, j’annonçais à ma conjointe mon souhait de divorcer et quelques mois plus tard, j’étais libéré, délivré !

A présent, je suis très heureux, je regrette simplement de ne pas avoir pris cette décision de rupture plus tôt. Certaines personnalités sont incompatibles et ça ne sert à rien d’essayer de changer quelqu’un qui ne vous correspond pas ou plus du tout. »

Matthieu – 41 ans

Ce récit doit vous interpeller si vous subissez un comportement désobligeant de la part de votre conjoint(e). Il est parfois envisageable d’entamer une thérapie pour corriger le tir et tenter de sauver l’histoire. Malheureusement, dans la majorité des cas, ce type de situation ne trouve pas d’issue positive et il est préférable de rompre quand l’autre n’entend pas la souffrance qu’il vous fait endurer.

 

Trop d’éloignement, nous ne partageons plus rien ensemble.

Vous n’avez plus aucun point commun, vous avez évolué chacun de votre côté et vous ne retrouvez plus la complicité qui cimentait votre relation. Vous passez de moins en moins de temps ensemble et n’avez quasiment plus rien à vous dire. Vous avez songé à faire appel à un spécialiste et puis finalement, vous pensez que c’est inutile, vous êtes déjà trop loin l’un de l’autre, même en vivant encore ensemble.

Vous avez le sentiment de n’être un couple que pour faire tenir votre quotidien, par habitude, par crainte de vous séparer ou pour préserver vos enfants.

Dans nos accompagnements, nous avons souvent croisé des couples qui ne restaient unis que pour sauver les apparences ou par dépit même parfois. Il arrive qu'on choisisse de rester pour préserver la famille, surtout quand les enfants sont encore jeunes. On peut parfois aussi se dire que c'est une usure normale et qu'il faut se résigner. La peur de la rupture est aussi revendiquée comme une raison de ne pas se séparer, peur de la solitude, peur de la précarité, peur de l'inconnu...

C'est sans doute facile à dire mais on ne vit qu'une fois et si vous êtes de simples colocataires qui ne partagent plus rien, il est sans doute temps de repenser les équilibres, non ?

Prenons le témoignage d’une de nos clientes, Nathalie, son récit résume parfaitement cette situation courante ;

« Avec Sébastien, nous étions très amoureux au début de notre relation. Je n’irai pas jusqu’à dire que nous étions fusionnels mais les premières années furent vraiment merveilleuses.

A la naissance de notre premier enfant, on était comblés et toujours très complices en dépit de la fatigue et de nos vies professionnelles respectives. Les années passent vite et nous sommes de nouveau parents presque trois ans plus tard. J’avoue que cette seconde grossesse est bien moins évidente que la première pour notre couple.

Nous commençons à nous disputer régulièrement, nous nous éloignons et Sébastien se découvre une nouvelle passion, le vélo ! Il passe le plus clair de son temps libre à pédaler comme un forcené. Les mois passent et je me sens de plus en plus seule, notre intimité se réduit à néant, je ne cherche même plus à plaire à mon mari, je focalise sur mon rôle de maman. De son côté, Sébastien est très à l’aise dans sa paternité, il s’occupe bien de nos deux petits mais il ne vient plus naturellement vers moi et se désintéresse progressivement de notre vie de couple.

Nous sommes restés ainsi pendant de longues années, ni malheureux, ni heureux. Les disputes sont devenues rares mais nous avions du mal à rester dans la même pièce, c’est comme si nous avions accepté cet état de fait, ce statu quo. Nous cohabitions, tels deux colocataires qui se partagent les obligations familiales. On ne faisait plus rien à deux, nos discussions se limitaient à la tenue de la maison et l’éducation de nos enfants. Notre entourage pensait que nous étions parfaitement heureux et peut-être que ça nous confortait dans l’idée que c’était normal, l’usure naturelle du couple…

Un été, nous étions en vacances chez de vieux amis et notre hôte a fait une splendide déclaration d’amour à son épouse le soir de son anniversaire. Je me suis effondrée un peu plus tard dans notre chambre, j’étais bouleversée. Nous avons discuté une nuit entière avant de parvenir à la conclusion que nous devions amorcer la séparation, d’un commun accord.

Avec du recul, je me dis que nous aurions pu faire ce choix plus tôt et ne pas mettre notre épanouissement personnel entre parenthèses pour le bien-être de notre famille. Maintenant que nous sommes divorcés, nous nous entendons mieux et nos enfants vont bien car nous avons fait les choses calmement et en nous respectant. Notre rupture a eu de nombreux effets bénéfiques.

Le conseil que je voudrais donner aux personnes qui vivent ça, c’est d’en parler ouvertement avec l’autre. Laisser traîner et attendre un mieux qui tomberait du ciel, c’est démissionner. On peut avoir des périodes de « down » mais si elles durent trop longtemps, pas la peine de croire au miracle ! »

Nathalie – 35 ans – 2 enfants

Comme l’illustre très bien ce témoignage, personne n’est à l’abri et le temps qui passe n’est pas toujours un allié pour votre histoire. L’éloignement est parfois plus profond que ce qu’on s’imagine, on change et il arrive qu’on ne reconnaisse plus l’autre dans la singularité qui nous a plu au départ.

L’essentiel est de pouvoir se le dire, à soi-même d’abord et à l’autre ensuite. Assumer la décision de la séparation est une véritable épreuve mais c’est souvent l’unique moyen d’avancer quand il ne reste rien à sauver.

 

Plus de communication, trop de disputes, nous n’arrivons pas à dialoguer sereinement.

Quel intérêt de rester ensemble quand on n’échange plus rien, si ce n’est du ressentiment, de la rancœur ? Quand les disputes n'en finissent plus et que le moindre détail fait hausser le ton de chacun, il faut se poser des questions, pouvez-vous supporter cette tension permanente encore longtemps ou la rupture est-elle la seule solution ?

Nombre de spécialistes des relations de couple s’accordent pour dire qu’une communication saine est le ciment d’une histoire qui perdure. Lorsque le lien est rompu, il devient mission impossible de tenter de reconstruire quoi que ce soit sur un champs de ruines.

Bien communiquer nécessite de savoir choisir ses mots et ménager la susceptibilité de l’autre. Essayer de converser de manière constructive dans un contexte tendu n’est pas une mince affaire, cela demande de la réflexion pour aborder l’autre sans entraîner une énième dispute qui serait stérile et épuisante.

Comment communiquer de manière constructive dans un couple en crise ?

Parfois, il est préférable de faire appel à une tierce personne, un professionnel capable de recréer du lien entre vous pour sortir de l’impasse. Quand c’est inenvisageable, il est préférable de mettre un point final à l’histoire avant que la haine ne s’installe et ne détruise tout sur son passage.

La séparation peut s'avérer salutaire, elle peut permettre de préserver un lien apaisé entre deux personnes qui se sont aimées mais dont l’histoire touche à sa fin. Rester avec un partenaire qui ne vous correspond plus est une erreur puisque votre relation pourrait basculer dans l’incompréhension mutuelle, l’irrespect et pire encore, la violence.

 

A ce titre, le témoignage de Michel et Ingrid, clients de notre agence en 2017, est particulièrement approprié ;

Michel: « Nous étions arrivés à un point de non-retour mais aucun de nous deux ne voulait assumer la responsabilité de la séparation et nous laissions donc les choses traîner. »

Ingrid: « c’est vrai, je n’avais plus d’amour à donner à Michel et c’était réciproque mais l’idée d’être à l’initiative de notre divorce m’était insupportable vis à vis de notre entourage et plus encore, vis à vis de nos enfants. »

M.: « je reconnais avoir été très dur parfois avec Ingrid, je lui reprochais plein de choses qui finalement n’avaient aucune importance mais qui, avec du recul, traduisaient le mal être dans lequel j’étais par rapport à notre couple. Nous avons quand même été mariés pendant presque 20 ans, notre famille, au travers de nos trois enfants qui devenaient adultes, était une fierté à mes yeux, je craignais de tout briser en quittant mon épouse. C’est notre fils aîné qui a provoqué un déclic au moment de son départ à l’université. »

I.: « oui, quand le grand est parti, il nous a clairement fait comprendre qu’il n’était pas du tout en phase avec la façon dont nous vivions ensemble. Il ne comprenait pas qu’on puisse continuer ainsi et il nous mettait en garde sur le fait que nous serions bientôt seuls dans notre grande maison vide, face à face, devant nos réalités. Je dois avouer que ça a été un choc pour nous deux qui pensions être un exemple pour nos enfants. »

M.: « c’est exactement ça, mon monde s’est un peu écroulé quand j’ai compris que notre fils ne tirait pas la moindre fierté de la longévité de notre couple, il s’inquiétait plutôt de savoir ce que nous deviendrions une fois que notre foyer se serait vidé de nos enfants, il avait peur pour nous. »

I.: « et il avait bien raison puisque deux semaines plus tard, la conclusion était sans appel, nous devions divorcer avant que les choses ne s’enveniment davantage, il fallait sauver le respect mutuel et c’est ce que nous avons fait »

M.: « nous nous sommes séparés sans nous faire la guerre, nous avons été suivis par l’Agence OSS et nous avons même fait le point avec un thérapeute familial avant d’entamer les démarches. Cette « flash therapy » nous a permis de mieux gérer la situation transitoire en communiquant plus intelligemment et sans se reprocher continuellement les mêmes choses. »

I.: « à présent, nous nous entendons mieux, nous avons tous les deux rencontré quelqu’un et on se demande même si on ne va pas organiser un dîner avec nos conjoints respectifs, c’est dire le chemin parcouru ! Nous allons marier notre fils l’an prochain et c’est aussi une perspective qui nous rapproche… »

M.: « une chose est sûre, un couple qui ne communique plus ou mal est en péril. Si vous laissez perdurer al situation, n’espérez pas en sortir ensuite, ce sera peine perdue ! Si vous avez des enfants, vous devrez maintenir une belle relation entre vous alors préservez l’essentiel et ne laissez pas pourrir les liens. »

La morale de cette histoire est qu’il est illusoire de penser qu’un dialogue rompu se renouera de lui-même ! Si vous êtes incapables de parler l’un avec l’autre, il est urgent de consulter un thérapeute spécialisé pour vous aider en ce sens. Ne tardez pas trop, prenez rapidement les devants pour éviter que la situation ne se détériore et ne vous conduise irrémédiablement vers la fin.

Manipulation, votre conjoint(e) abuse de son ascendant sur vous

coupleseparationLes manipulateurs sont nombreux et ils se cachent souvent derrière une apparence trompeuse. La manipulation peut revêtir diverses formes, citons les plus courantes ;

  • Jalousie, narcissisme « je ne t’autorise pas à exister en dehors de moi »,
  • Faiblesse, victimisation « je ne suis rien sans toi, tu ne peux pas m’abandonner »,
  • Abus de pouvoir, chantage, persécution « tu fais comme je veux, sinon je te quitte »,
  • Chantage affectif « je te suis tellement utile que tu ne pourras jamais me quitter OU les enfants (tes parents, ta famille, nos amis…) ne te pardonneront jamais si tu me quittes OU tu finiras à la rue si tu pars »
  • Culpabilité « tout est de ta faute, nous n’en serions pas là si tu avais fait des efforts OU tu assumeras la pleine responsabilité de notre séparation OU tu vas regretter cette décision et il sera trop tard ».

Aucune histoire d’amour ne peut résister s’il n’y a pas une véritable responsabilisation de la part des deux conjoints. Chacun doit assumer ses manques et ses faiblesses sans rejeter toute la faute sur l’autre sinon la rupture sera inéluctable.

Il est essentiel que les deux partenaires fassent preuve d’empathie l’un envers l’autre. Un déséquilibre de cet ordre dans le couple va forcément créer des tensions et à la longue, celui qui subit la manipulation ne sera plus en mesure d’accepter la situation et ce sera extrêmement difficile de faire machine arrière.

Dans ces cas-là, l’idéal est encore une fois le recours aux services d’un thérapeute spécialisé et si la thérapie n’apporte pas de résultat probant, la seule issue sera de se séparer.

Prenons le témoignage d’Agathe, une jeune femme de 30 ans.

« Quand j’ai rencontré Julien, nous étions tous les deux étudiants, il préparait son BTS et j’entamais ma licence. Dès le départ, le contexte était fragile puisque Julien venait d’être quitté par sa précédente petite amie, il avait beaucoup souffert et s’en remettait à peine.

Je l’ai aidé à sortir de ce moment difficile, je l’aimais énormément et j’avais hâte qu’il aille mieux. Il n’a jamais été vraiment mieux. Les mois puis les années qui ont suivi furent à l’image de nos débuts. Une fois qu’il s’est remis d’avoir été quitté, il a loupé ses examens et il s’est éloigné des études, arguant que ce n’était pas fait pour lui, que les profs ne cherchaient qu’à le descendre, qu’il était incompris… ensuite, ça a été la même sérénade avec son premier boulot, puis le second et ainsi de suite. Selon lui, ses patrons successifs cherchaient systématiquement à le persécuter. Il a passé des mois à se renfermer sur lui-même, à se victimiser, il en voulait à tout le monde. Je l’ai encouragé à créer sa propre entreprise, à devenir son propre patron mais il s’obstinait à croire que le monde entier était contre lui.

Il y a eu une période d’accalmie durant laquelle il travaillait avec un vieil ami à moi qui venait de créer sa boîte de nettoyage. Nous nous sommes mariés et j’avais confiance en l’avenir mais ce fut de courte durée, son papa est décédé quelques mois plus tard et ça a été le début du cauchemar. Il s’est mis en arrêt de travail, il avait besoin de se ressourcer et de se reposer après la mort de son papa, je comprenais parfaitement et j’essayais de le soutenir au maximum. Il s’est laissé aller et n’a pas repris le chemin du boulot les deux années qui ont suivi en dépit de nos nombreuses discussions à ce sujet. Ensuite, ce fut l’escalade, il me reprochait de ne plus l’aimer comme avant, il fouillait dans mes effets personnels, certain que je le trompais avec un autre homme, plus fort, plus beau, plus riche selon lui. Il m’en voulait beaucoup de ne pas vouloir un enfant tout de suite, il disait qu’il comprenait que je ne veuille pas porter le gamin d’un raté comme lui. Tout était sujet à controverse, il s’apitoyait sans cesse sur son sort. J’ai essayé de l’aider et de l’inciter à entamer une thérapie mais rien n’y faisait, je lui donnais malgré moi des arguments pour se victimiser encore plus ; « tu vois, tu veux que je me fasse soigner, tu penses que je suis taré », « pourquoi restes-tu avec moi si tu considères que je suis un type déséquilibré », « tu veux que je consulte un médecin pour pouvoir me quitter en ayant la conscience tranquille »…

Jusqu’à ce que ses réflexions deviennent intolérables et me décident à franchir le cap et à exiger le divorce ; « de toutes façons, si tu me laisses, je n’ai plus de raison de vivre », « tu ne voulais pas de bébé car tu sais depuis longtemps que tu vas me quitter », « tu pourras garder la maison puisque je vais me suicider si tu demandes le divorce », « tu crois que c’est plus douloureux de se jeter d’un pont ou de se noyer ? ». Il a tenté de mettre fin à ses jours quand j’ai décidé de quitter le domicile conjugal, ça a été un choc énorme mais heureusement, il a été sauvé. Je ne suis pas revenue sur ma décision, je voulais me préserver et je ne regrette rien.

La séparation a été extrêmement éprouvante, il a fallu qu’il soit interné en Hôpital psychiatrique pendant plusieurs semaines avant d’être capable de signer les papiers du divorce.

Je sais à présent que je n’y suis pour rien mais ça m’a valu des mois de thérapie pour accepter de me libérer de cette culpabilité. A présent, je vais mieux et je sais qu’il est pris en charge par des personnes compétentes pour avancer de son côté. Mon conseil à ceux et celles qui vivraient une situation analogue ? Ne vous laissez pas aveugler par la culpabilité et sauvez-vous avant que l’autre ne vous emporte dans sa folie. » 

Un autre témoignage, Julien, 42 ans.

"Avec mon épouse, nous étions mariés depuis 11 ans quand j'ai décidé de rompre du jour au lendemain. Je n'en pouvais plus qu'elle contrôle toute ma vie et prenne toutes les décisions. Chaque semaine, je recevais la liste de mes corvées et si je n'accomplissais pas chaque tâche comme elle le désirait, je devais recommencer jusqu'à ce qu'elle soit satisfaite du résultat. Au fur et à mesure des années, j'avais de plus en plus de choses à faire sur la liste et quand j'avais le malheur de dire que je n'aurais jamais le temps, elle revendiquait son travail intense (elle est médecin) par rapport au mien (je suis fonctionnaire) et elle finissait toujours par me rappeler qu'elle gagnait bien mieux sa vie que moi et ne pouvait donc pas se permettre de ralentir au profit de mon "petit confort bourgeois". C'était difficile de m'entendre dire ça mais c'était vrai et je m'acquittais donc toujours de mon mieux des nombreuses choses qu'elle me donnait à faire. Je ne suis pas un fénéant mais j'avoue que quand je devais déménager le frigidaire d'une de ses vagues amies ou aller chercher un meuble qu'elle avait déniché à 300km, je me faisais violence pour ne rien dire. Jamais je n'ai pu choisir le thème de nos vacances, jamais je n'ai eu mon mot à dire sur les activités de nos enfants, elle se chargeait de leur éducation et je devais juste surveiller les devoirs car je rentrais plus tôt.

Elle n'aimait pas cuisiner mais choisissait les menus. Elle détestait mes amis d'enfance et je n'arrivais à négocier qu'un week end tous les deux ans pour les rejoindre loin de chez nous. On voyait très peu ma famille mais beaucoup la sienne. Nos amis étaient avant tout les siens et ils étaient majoritairement médecins. J'aimais la pétanque mais elle préférait que je fasse du tennis (et j'ai fait du tennis pendant 2 ans avec un collègue qui partageait son cabinet). Elle choisissait les films que nous regardions, même les bouquins que je lisais. Je me souviens d'un jour où elle a annulé mon abonnement à un magazine musical car elle considérait que je ne le lisais pas assez régulièrement. Tout ça peut sembler anecdotique mais quand vous finissez par ne plus pouvoir vous acheter une paire de chaussettes sans demander son avis à l'autre, vous comprenez que ça frôle le ridicule. Si j'avais le malheur de protester, elle me disait sans relâche que j'étais incapable de gérer quoi que ce soit moi-même et je finissais pas le croire (même mes proches ont fini par penser ça).

J'ai pété un plomb pendant un voyage en Italie avec un couple que nous fréquentions depuis peu (à sa demande). J'avais prévu une partie de pêche à laquelle je savais qu'elle ne voudrait pas participer (elle a facilement le mal de mer) et elle s'est emportée dans une colère froide qui a duré toute une nuit. Elle me traitait d'égoïste et me reprochait de n'avoir même pas pensé à elle en réservant le bateau. Au petit matin, alors que je m'étais excusé mille fois, elle est partie annuler ma réservation et se faire rembourser l'acompte pendant que je dormais. Au petit déjeuner, elle a décrété que nous irions visiter la Toscane et qu'il fallait nous dépêcher car la voiture qu'elle venait de louer devait être de retour avant 18h. Même nos co-voyageurs étaient estomaqués face à ce changement de programme soudain et décidé par elle seule.

J'ai refusé de me joindre à eux, elle m'en a voulu énormément. C'était la première fois que j'allais contre sa volonté et le reste des vacances a été un cauchemar intégral. A notre retour, je lui ai proposé de faire une thérapie de couple mais elle m'a ri au nez en disant que j'avais surtout besoin de me faire soigner et que tout rentrerait dans l'ordre une fois que j'aurais fini ma crise... J'ai contacté un thérapeute et je me suis bien gardé de choisir l'un de ceux qu'elle m'imposait parmi ses confrères. Quatre séance plus tard, je demandais le divorce.

Aujourd'hui, je suis plus heureux et j'ai rencontré une femme qui est à l'écoute de mes envies et de mes besoins. J'ai compris que j'avais choisi la solution de facilité en me laissant porter par la seule volonté d'une personne qui veut tout contrôler. Notre divorce n'a pas été simple mais je suis persuadé que c'était le bon choix."

 

Nous avons de très nombreux témoignages de cet ordre. Certains parlent de domination, d'autres de manipulations ou encore de narcissisme... les typologies sont nombreuses mais l'important à retenir est que si vous ne vous sentez plus maître de votre vie du fait de votre conjoint(e), il y a un probléme et vous devez regarder les choses en face. Vous devez pouvoir exprimer votre malaise et en discuter librement. Si besoin, faites-vous aider par un thérapeute.

L’addiction de votre conjoint détruit votre vie

addiction coupleQu’il s’agisse d’alcool, de drogue, de jeux, de sexe ou autre, l’addiction est un désastre qui provoque bien plus de séparations qu’on ne l’imagine. Les décisions de rupture sont fréquentes pour les couples qui souffrent des nombreuses difficultés liées à la dépendance.

Il arrive que cette addiction soit présente dès le début de la relation et s’aggrave au fil des années mais elle peut aussi émerger en cours de route et prendre rapidement de l’ampleur. Si votre conjoint(e) refuse de se faire soigner et de rompre avec ce cercle vicieux, vous serez vite démuni(e) et incapable de faire front.

L’addiction peut rapidement prendre toute la place, vivre avec quelqu’un qui s’est enfermé dans son monde et n’a d’autre but que celui d’assouvir sa dépendance est mission impossible. N’essayez pas de forcer l’autre à s’en sortir, il faut impérativement que cette initiative vienne de lui. Vous pouvez cependant solliciter ses proches afin qu’ils tentent avec vous de lui faire entendre raison.

Il existe des associations spécialisées dans le traitement des addictions, il y a aussi d’excellents médecins qui sont en mesure de proposer des protocoles de prise en charge adaptés, il y a des centres et cliniques dédiés à ces pathologies de plus en plus fréquentes.

Les possibilités de prise en charge sont multiples et vous ne devez pas rester seul(e) face à cette situation, il faut vous faire aider.

Gardez bien à l’esprit que vous n’y êtes pour rien et qu’il est essentiel que vous vous protégiez. La seule échappatoire sera parfois la rupture pure et simple et même si se séparer d’un être cher qui va mal est bouleversant, ça pourrait être l’unique solution.

Nous avons choisi les témoignages de Lauren et de Thibault, ils sont très similaires alors que les addictions étaient tout à fait différentes.

Lauren, 34 ans.

« Je m’appelle Lauren, j’ai 34 ans et j’ai quitté mon mari à cause de son addiction à l’alcool. Quand nous nous sommes connus, il buvait déjà très régulièrement mais je ne m’en souciais pas du tout. Nous avions 25 ans, toute la vie devant nous et des dizaines d’amis qui faisaient la fête à nos côtés. J’avoue que je n’étais moi-même pas la dernière à lever le coude en soirée.

Le temps a passé, nous sommes entrés dans la vie active et j’étais très investie dans mon travail. Je rentrais tard le soir et quel que soit le jour, il m’attendait avec son verre à la main, le dîner était prêt, il cuisinait toujours pour moi. Je ne m’inquiétais pas vraiment et je partageais même souvent un apéritif avec lui avant le repas. Un jour, je suis rentrée plus tôt et je l’ai trouvé aux fourneaux, son verre à la main, sauf qu’il y avait une bouteille quasiment vide sur la table et une autre, déjà ouverte, qui attendait mon arrivée. Je lui ai demandé s’il l’avait descendue tout seul et il a ri, « bah, oui, ton homme est un trou normand ! tu le sais bien ! ». Je me souviens m’être couchée ce soir-là avec la boule au ventre, je commençais à prendre conscience qu’il y avait un souci. Au petit matin, je me suis levée plus tôt et j’ai été fouiller dans les poubelles du garage, ça a été la douche froide ! Il y avait toutes sortes de bouteilles et de nombreux alcools forts, de la vodka ou du gin alors que nous n’en buvions que très rarement. J’ai fait le calcul, les poubelles de verre sont ramassées une fois par semaine, nous sommes à j+5 et il y a une dizaine de bouteilles dont 4 sont des spiritueux !! j’ai failli vomir quand j’ai réalisé que je me voilais la face depuis longtemps. Je me souviens l’avoir réveillé à grands cris, je hurlais dans la maison, j’étais scandalisée et triste. Il a nié, il a menti, il a avoué, il a juré qu’il freinerait, il a recommencé, il a consulté, il a arrêté, il a repris, il a augmenté sa consommation, il a été hospitalisé, il a replongé et ainsi de suite jusqu’à ce que je n’en puisse plus. J’ai jeté l’éponge après une fausse couche, j’avais l’espoir que cette grossesse le sauve de lui-même mais ça n’a fait qu’accentuer ses difficultés et son besoin de boire. La nature fait bien les choses et ce bébé ne s’est pas accroché, je suis partie de chez nous du jour au lendemain. J’ai juste laissé un post it collé sur une bouteille qui traînait sur la table basse, j’avais écrit « je vous souhaite tout le bonheur du monde ! ».

Je me suis sentie coupable au début et puis j’ai vu une psy qui m’a bien aidée à relativiser et à comprendre que je n’y étais pour rien et que j’avais subi les dommages collatéraux que l’alcoolisme provoque.

Il a sombré dans les mois qui ont suivi et il a fini par toucher le fond, ce qui lui a valu 4 mois de cure en clinique spécialisée. Je sais qu’il va mieux aujourd’hui et j’espère qu’il n’y aura plus de rechute. Mon conseil en pareilles circonstances est avant tout de ne pas vous laisser emporter dans l’infernale descente aux enfers, prenez immédiatement les dispositions pour vous protéger. Ensuite, faites le maximum pour aider et comprendre l’autre mais s’il ne veut pas assumer les responsabilités de son autodestruction, partez, fuyez, ne vous sacrifiez pas ! »


Témoignage de Thibault, 31 ans

« J’ai vécu (ou survécu) trois longues années avec un compagnon totalement accroc aux jeux vidéo. Il pouvait passer jusqu’à 20 heures par jour sur le PC, avec ses manettes de jeux, son casque vissé sur les oreilles et ses yeux rivés sur l’écran. Nous avons été très amoureux les premiers mois, même s’il jouait déjà énormément en ligne. Au début, j'avoue que j’étais même assez fier de ses scores et du nombre d’admirateurs qui le félicitaient sur les réseaux. Plus le temps passait et plus il focalisait sur ses performances, oubliant de manger, de dormir, ne sortant quasiment jamais et grossissant à vue d’œil.

J’ai tenté de lui parler des dizaines de fois. Des fois, il faisait mine de comprendre et s’engageait à changer mais quelques heures plus tard, je le retrouvais, absorbé par son jeu en ligne. Un matin, j’ai débranché et planqué l’ordinateur alors qu’il était sorti acheter un accessoire pour tester un nouveau jeu. Je ne l’avais jamais vu aussi furieux, il voulait me frapper, il me menaçait d’appeler les flics, me traitant de voleur, me crachant même au visage. Je l’ai supplié de consulter un médecin, de se faire aider pour sortir de cette dépendance mais ça n’a servi à rien, il m’a viré de chez nous et a réinstallé sa bécane en plein milieu du salon.

Je suis parti et je ne suis jamais revenu. Je l’ai revu quelques semaines plus tard, il avait mauvaise mine et s’apprêtait à partir vivre quelques mois en Dordogne, chez un oncle où il n’y avait ni réseau, ni ordinateur, seulement des champs et des arbres. J’ai compris qu’il avait souffert de mon absence et que cette peine l’avait décidé à reprendre sa vie en main. Il a finalement passé presque 10 mois là-bas, il a repris des études à distance et il est revenu amaigri et plein de projets. J’aurais aimé que nous retentions un truc ensemble mais il n’a pas souhaité nous donner cette autre chance, il m’a dit cette phrase qui résume tout « le mec que tu kiffais à l’époque, c’était pas moi Thib, c’était un type shooté au game en ligne, il est dead et moi j’essaie de renaître de ses cendres »…

Si vous me demandez un conseil, ma réponse sera simple : « quittez celui qui ne veut pas assumer sa dépendance, il est le seul à pouvoir se sortir de son propre merdier ! ».

 

Ces deux histoires ont en commun un point crucial ; chercher à sauver quelqu’un qui n’est pas acteur de son propre sauvetage, ça ne sert strictement à rien.

Se séparer d’une personne qui va mal est forcément difficile et culpabilisant mais parfois, c’est nécessaire. Celui qui ne veut pas s’en sortir ou refuse de s’en donner les moyens restera sur la pente descendante, quoi que vous fassiez.

Il y a trop de gens qui s’accrochent par peur que leur conjoint(e) n’aille encore plus loin dans son addiction s’ils le quittent. Détrompez-vous, celui qui se sacrifie pour maintenir la tête de l’autre hors de l’eau ne lui apprend pas à nager mais l’empêche juste de toucher le fond. Si vous voulez qu’il s’en sorte, il devra apprendre à remonter à la surface par ses propres moyens.

Votre conjoint(e) est violent(e)

coupleviolenceimpossibleLa violence n’a rien à faire dans un couple, jamais, sous aucun prétexte et il n’y a pas d’exception.

Vous subissez des violences, vos enfants subissent des violences, qu’elles soient verbales ou physiques, régulières ou rares, récentes ou anciennes, rien ne peut la justifier et il faut immédiatement y mettre un terme.

Plus de 200 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année en France, c’est une honte et un désastre pour les familles touchées. On en parle bien moins et c'est plus rare mais de nombreux hommes subissent aussi des violences (physiques ou psychologiques) de la part de leur conjointe.

Dans ces cas-là, on ne cherche pas la conciliation et on ne doit rien tolérer, il faut immédiatement en parler et se faire accompagner. Non seulement celui ou celle qui maltraite l’autre devra en répondre devant la justice mais il faudra qu’il ou elle fasse l’objet d’un suivi psychologique solide afin de garantir que cela ne se reproduira jamais.

La violence conjugale n’est pas anodine, elle doit être prise très au sérieux et vous ne pouvez pas être seul(e) face à ce cauchemar.

Nous avons recueilli le témoignage d’une femme qui a traversé ce calvaire et qui nous explique combien il est essentiel de libérer la parole des victimes.

Témoignage d’Emeline, 41 ans.

« Mon second mari me battait quand il avait trop bu ou quand il était contrarié par ses ennuis de boulot. Quand ça a commencé, je suis partie habiter quelques semaines chez ma sœur mais ça me faisait 2 heures par jour de trajet pour aller travailler. Il a juré que ça ne se reproduirait jamais et je l’ai cru, je suis donc revenue vivre avec lui.

Pendant 6 mois, il n’y a plus eu aucun problème mis à part quelques disputes passagères. En 2016, il a perdu son fils aîné, issu de son premier mariage, dans un accident de voiture, ça l’a mis à terre et j’avais beaucoup de peine pour lui. Il s’est remis à boire souvent et certains soirs, il me hurlait dessus sans raison. Il m'insultait et il me forçait parfois à coucher avec lui mais il s’écroulait vite tellement il était saoul. Un matin, je suis rentrée du marché et il était fou dans la maison, soi disant qu'il s'inquiétait et à peine la porte fermée, je me suis pris une énorme gifle qui m’a projetée au sol. Ma tête avait percuté les dernières marches de l’escalier et je saignais beaucoup. Il a refusé d’appeler les secours, il m’a enfermée dans l’arrière-cuisine et je suis restée deux heures assise par terre, à pleurer et pleine de sang qui coulait sur mon visage. C’est un de nos voisins qui est venu m’ouvrir, il avait été prévenu par mon mari et il m’a emmenée à l’hôpital, 4 points de suture au front. J’ai décidé de porter plainte et de demander le divorce en dépit de ses promesses de se faire soigner

Même s’il se confondait en excuses et me suppliait de retirer ma plainte, j’ai refusé catégoriquement. Je ne voulais pas qu’une autre femme puisse un jour vivre ce par quoi j’étais passée, je me sentais responsable par rapport à ça et je voulais qu’il comprenne. Il a été condamné et j’ai pu me reconstruire avec le temps. J’ai pardonné mais je suis certaine qu’il ne faut pas faire confiance à un homme qui a levé la main sur vous, il recommencera un jour ou l’autre s’il ne se fait pas soigner ! »

L’histoire d’Emeline aurait pu se terminer bien plus mal comme c’est le cas pour des centaines de femmes qui perdent chaque année la vie sous les coups de leur compagnon.

La question de la séparation ne se pose pas ici, il faut impérativement quitter celui ou celle qui se montre violent avec vous ou vos enfants, il faut demander de l’aide et porter plainte.

Si vous êtes dans une telle situation, c’est la seule issue qui s’offre à vous, faites-vous accompagner.

 

Nous aurons l’occasion de reparler des causes d’une séparation dans d’autres articles mais il nous paraissait important de faire le point sur ces 6 cas de figure où, vous l’aurez compris, la situation est soit préoccupante, soit désespérée. En tous les cas, il faut réagir rapidement.