Belle coparentalité, mode d'emploi


Le mode d'emploi d'une belle coparentalité après une séparation, comment rester de bons parents ?

coparentalite

 

C'est quoi la coparentalité ?

On se sépare, on divorce et c’est une décision qui ne regarde que nous, notre couple est arrivé au bout de son histoire d’amour, il est temps de tourner la page. Mettre fin à une relation amoureuse sans enfant n’est pas toujours une mince affaire mais lorsqu’il y a des « mini nous » au milieu, ça prend une toute autre proportion !

Il est évident qu’en signant la fin du couple, on ne signe pas la fin de la relation puisqu’elle est nécessairement amenée à perdurer au travers des enfants et de leur bien grandir : c’est la coparentalité. Que nous dit Wikipedia pour définir la coparentalité ? Le mot coparentalité s'impose pour définir le partage des droits et des responsabilités du père et de la mère auprès des enfants. En effet, la réalité voulant que deux parents habitent sous deux toits différents a donné naissance à ce nouveau terme définissant la relation qui survit à la relation conjugale.

Une belle coparentalité, c’est avant tout un mode de garde réfléchi et adapté au bien-être de l’enfant mais c’est aussi et surtout une communication saine entre les parents pour le bien de leur(s) enfant(s).

On ne naît pas parent, on le devient ;)) Qui n’a jamais entendu ce fameux adage qui rassure autant qu’il panique … ?

C’est pourtant vrai, la parentalité est loin d’être innée, elle s’acquiert à la naissance d’un enfant et elle évolue, elle grandit avec lui au fil du temps et des centimètres qu’il prend chaque année.

coparents, priorite communication Être parent, c’est donc un long cheminement et nous ne prenons pas tous le même chemin, fort heureusement d’ailleurs… chaque famille est unique, chaque enfant l’est aussi !

Il est de plus en plus fréquent que les parents se séparent, que les couples divorcent et les familles dites recomposées sont très courantes, elles pourraient même être aménée à devenir la norme dans quelques décennies… Bonne ou mauvaise nouvelle, nous nous garderons bien d’avoir une opinion là-dessus tant les réalités sont multiples et les situations diverses.

En revanche, nous pensons que ça peut être intéressant de faire un petit tour d’horizon des « bonnes pratiques » pour amorcer une coparentalité apaisée et sereine, c’est tellement important pour nos bambins, c’est la seule chose qui compte vraiment finalement, pour eux.

Partons de ce principe: Nous, parents, avons la responsabilité de préserver au maximum notre ou nos enfant(s) des écueils de notre séparation ou de notre divorce, il nous appartient de protéger leur équilibre pendant cette période de transition mais aussi de prioriser cet équilibre dans la façon dont nous allons ré-organiser leur vie et leurs repères une fois la séparation concrétisée et officialisée.

En tant que parents qui se séparent, notre devoir est donc de maintenir entre nous une communication constructive et respectueuse afin que nos enfants puissent trouver leurs marques dans tous les changements que nous allons leur imposer du fait de notre rupture amoureuse.
 

Quelles sont les clés d’une coparentalité épanouissante ? Comment organiser la garde des enfants avec l'autre parent ?

Loin de nous l’idée de poser les 10 commandements d’une coparentalité réussie, comme nous le disions précédemment, nous sommes tous uniques et modes de vie bougent d’une famille à l’autre.

Cela dit, nous avons collecté de précieux conseils auprès des professionnels avec lesquels nous travaillons mais aussi et surtout peut être, en observant tout simplement ce que font nos clients, en quoi notre accompagnement leur a permis d’avancer à leur rythme et dans le respect des équilibres de chacun.

On va donc humblement lister ce qui nous est apparu comme étant le plus important pour bien démarrer sa relation de coparentalité ;

  • Partir du principe que chacun fait de son mieux pour le bien-être de l’enfant et que vous restez tous les deux les piliers de sa vie, il a autant besoin de l’un que de l’autre…
  • Partager l’autorité parentale, c’est discuter ensemble de toutes les décisions importantes qui concernent votre enfant. Santé, éducation, orientation, toutes ces questions doivent être débattues entre vous le plus calmement possible.
  • Se répartir équitablement les dépenses engagées pour votre enfant en fonction de vos moyens respectifs (au prorata de vos revenus et en privilégiant au maximum l’anticipation de ces charges et contributions pour vous épargner des tensions inutiles).
  • Maintenir une communication saine, adulte et efficace. Il n’est pas nécessaire d’être les meilleurs amis du monde mais un minimum de respect mutuel s’impose pour échanger de manière efficace et pragmatique. Il est aussi essentiel de ne pas faire de votre enfant un messager et si vous avez des difficultés à parler simplement, il faut vous faire aider pour y parvenir (thérapie, médiation…).
  • Entretenir une image positive de l’autre parent afin que l’enfant ne souffre pas en silence. Il n’y a rien de pire pour un enfant que d’entendre un de ses parents dénigrer l’autre par ses propos ou certaines de ses réactions, c’est très souvent la cause principale du mal-être qu’une séparation peut induire chez un enfant. Même si c'est parfois compliqué de se contenir, il faut se faire violence pour taire ses ressentiments envers l'autre parent face à nos enfants.

Une séparation va forcément laisser des traces mais si vous co-construisez une belle coparentalité, vous préservez l’enfance de vos « bambinos » et il arrive même qu'ils vivent plutôt bien la fin du couple parental.

Témoignages et récits d'une coparentalité réussie, parole aux parents !

Rien de mieux que de tirer profit de l'expérience des autres parents ayant traversé l'épreuve du divorce ou de la séparation. Quoi de plus éclairant pour adopter les bonnes pratiques et se prémunir de certaines erreurs qui pourraient avoir des conséquences très néfastes sur notre avenir et celui de nos enfants. A ce titre, nous avons donc recueilli ces dernières années de nombreux témoignages de nos clients et de nos partenaires pros. sur la coparentalité, merci pour leurs précieux conseils !

Nathan et Fabienne, 35 ans, 2 enfants de 6 et 4 ans

« Au départ, je pensais que ce serait impossible de bien communiquer avec Nathan. Je ne me sentais pas la force de lui pardonner ce que je vivais et la séparation qu’il nous imposait à moi et aux enfants. Il m’a fallu un peu de temps et l’aide précieuse d’une thérapeute spécialisée. J’ai compris que je devais faire la différence entre l’homme qui avait été mon compagnon et celui qui restait le père de nos enfants. Trois ans plus tard, je lui en veux toujours beaucoup mais la relation que nous avons construit autour des garçons est en "bonne santé" … nous savons trouver des terrains d’entente dans l’intérêt de nos enfants et même si j'ai encore beaucoup de rancune à l'encontre de mon ex., j'ai réussi à faire la scission entre le compagnon et le papa de mes fils. A vrai dire, heureusement !! car connaissant nos caractères, la vie serait un véritable enfer si on ne parvenait pas au moins à s'organiser ensemble sur le quotidiens de nos gamins ! Pour toutes celles et ceux qui liront mon témoignage, je veux dire ceci: ça ne sert à rien de chercher à se venger de l'autre au travers de vos enfants. C'est non seulement inutile mais ça aura des effets désastreux sur vos enfants et ils pourraient vous le reprocher plus tard. J'ajoute aussi que je suis bien contente aujourd'hui de pouvoir solliciter leur père pour les garder quand je ne suis finalement pas libre ou changer nos périodes de vacances sans que ce soit une négociation sans fin. Dites-vous bien que votre coparent va avoir une réelle influence sur votre vie future, autant qu'elle soit bienveillante ! » / Fabienne

« J’ai eu très peur que notre séparation signe le glas de notre respect mutuel. Je craignais surtout que mes fils me détestent et que leur mère les monte contre moi. J’avais tort et je sais maintenant qu’il faut assumer ses responsabilités jusqu’au bout. Le plus important, c’est protéger nos enfants de nos histoires de grandes personnes. J'avoue que mon ex-compagne a pris énormément sur elle pour protéger ma relation à mes fils au moment de la rupture, je lui en suis reconnaissant et je sais que ce n'est pas le cas dans toutes les familles. Trop de papas sont punis quand ils quittent la mère de leurs enfants, il arrive même qu'il soit privé de la garde de leurs petits et c'est aussi un cauchemar pour les enfants eux-mêmes. Il faut faire preuve de compréhension et accepter que celui ou celle qu'on quitte ait besoin de nous détester par moments pour faire son deuil, accepter la décision et s'y plier même contre sa volonté. C'est vraiment dur mais c'est possible si on se respecte » / Nathan

 

coparentalite mode d'emploiAntoine et Hélène, 40 et 42 ans, 3 enfants de 5, 7 et 11 ans

« Si nous n’avions pas eu recours à une médiation familiale, ce serait sans doute encore la guerre entre nous, on avait tant de reproches l’un envers l’autre. Les griefs que j’avais contre le papa de mes enfants auraient peser sur eux pendant des années et je serais encore dans la haine et les reproches continuels. Je ne dis pas que c’est facile et que j’ai pardonné mais je sais faire la différence entre notre histoire de couple et notre famille, j’ai compris que c’était essentiel pour l’équilibre de mes enfants. A présent, je sais que nous avons bien réagi pour qu’ils ne se sentent pas au milieu d’une guerre et pour qu’ils acceptent cette nouvelle vie une semaine sur deux. La coparentalité, ça s’apprend, comme tout finalement. » / Hélène

« Notre divorce aurait pu très mal tourner mais nous avons su mettre de l’huile dans les rouages afin de protéger nos enfants. Une rupture est toujours un échec mais il ne faut pas le faire peser sur les liens familiaux. Je regrette d’avoir compris un peu tard qu’il faut préparer la séparation afin de permettre aux enfants de mieux la vivre. J'ai fait les choses un peu vite et pas toujours dans le bon ordre même si je reste persuadé que c'était ce qu'il fallait faire, divorcer.

Faut quand même avouer que c'est un moment vachement perturbant et dont on sait qu'il va chambouler notre vie sur tous les plans. Le stress, la fatigue et la peur sont des facteurs aggravants qui fragilisent et provoquent facilement des situations hyper tendues. Les enfants n'ont rien demandé et ils sont en première ligne d'une décision qui ne leur appartient pas, c'est injuste mais c'est la vie. Si les enfants sentent que leurs parents sont en paix, ils s’adaptent à la décision et l’acceptent bien plus facilement. Dans le cas contraire, c'est un cauchemar pour eux ! » / Antoine

 

 

coparents Mélanie et Sébastien, 30 et 35 ans, 1 enfant de 6 ans

"Nous nous sommes énormément disputés avant de prendre la décision de divorcer. Nos engueulades pouvaient durer des heures, on criait beaucoup et on s'insultait parfois sans ménagement, souvent devant notre fille qui avait alors à peine 5 ans. La pauvre s'est remise à faire pipi au lit, elle s'isolait de ses camarades à l'école et ne se concentrait plus comme avant sur les activités scolaires. Le jour où sa maîtresse nous a convoqués pour parler de tout ça, nous avons été secoués par la teneur de ses propos. Elle nous a carrément remonté les bretelles et fait comprendre que nous étions les seuls responsables de la regression de notre enfant. Elle avait parfaitement raison et je reconnais aujourd'hui que nous avons été nuls à chier dans la façon de gérer la fin de notre histoire de couple. A la suite de ce rdv avec la maîtresse, nous avons eu une longue discussion sans hausser le ton et sans nous balancer des insultes à chaque phrase. On s'est engagé à faire mieux et à protéger la petite de nos différends. Assez rapidement, nous avons décidé de ne plus vivre sous le même toit et ça a largement participé à calmer nos relations. Nous ne redeviendrons sans doute jamais de bons amis mais nous arrivons à parler calmement de tout ce qui concerne notre fille, c'est le principal." / Mélanie

"Quand on a choisi de rompre avec mon ex-femme, la situation était franchement tendue entre nous, électrique même ! Impossible d'échanger sans se hurler dessus, on passait le plus clair de notre temps à s'injurier et notre fille a énormément souffert de cette période. La coparentalité nécessite de se respecter l'un l'autre, c'est la base du truc sinon ça ne peut pas fonctionner. Faut essayer de prendre sur soi pour comprendre le ressenti de celui ou celle qu'on quitte. Faut aussi laisser du temps et faire preuve de patience pour que la relation s'installe dans un climat moins tendu." / Sébastien

 

conseil psy coparentalitéElisa / 36 ans, thérapeute spécialisée en thérapie familiale

« Dans mon activité, je constate chaque jour les ravages que peut provoquer une mauvaise communication entre les parents. Les enfants absorbent tout ce qui se passe autour d’eux, plus encore dans le cercle familial proche. Des parents qui se détestent, même cordialement, c’est un terrible fardeau à porter. Il faut cesser de croire qu’on donne le change et que notre enfant est préservé parce qu’on le met dans une bulle bienveillante et hermétique. Dites-vous bien que votre petit, quel que soit son âge, va ressentir les tensions entre vous et si vous ne faites pas le travail nécessaire afin de mieux vivre votre relation autour de lui, il en souffrira, c’est inévitable. Je reçois des dizaines de couples séparés dans mon cabinet, je vois régulièrement leurs enfants et je peux vous dire qu’il y a une énorme différence entre ceux dont les parents ont déjà fait un travail commun sur la qualité de leur relation et ceux qui commencent à peine. A mon sens, on dramatise encore trop les conséquences d’une situation de séparation, je peux dire que si les parents vont bien et qu’ils savent communiquer simplement et avec respect, l’équilibre de leurs enfants sera préservé. 

Il faut cesser de voir la fin du couple parental comme un traumatisme profond et systématique pour les enfants, c'est faux. En réalité, c'est la fin de la bienveillance entre les parents qui est le vrai fardeau pour leurs enfants. Je conseille à tous les parents de méditer ce constat que nous ne cessons de faire dans nos cabinets et qui résume tout. La coparentalité impose que vous fassiez la part des choses entre ce que vous ressentez vis à vis de celui ou celle qui a partagé votre vie et sa qualité de père ou de mère de vos enfants. C'est parfois très difficile mais c'est toujours possible ! »

François Matthieu / 47 ans, psychologue spécialisé dans la petite enfance

« Une séparation mal vécue par les parents est toujours extrêmement destabilisante pour un enfant. Les couples se séparent de plus en plus et même si c’est devenu très courant, les enfants sont encore les premières victimes de la rupture et de ses conséquences. Je constate régulièrement à quel point une relation qui reste courtoise entre les adultes impacte le ressenti de leur(s) enfant(s) par rapport à la séparation.

Si vous choisissez de vous séparer à l’amiable sans dénigrer l’autre et en faisant les choses calmement, une marche après l'autre, vous protégerez votre enfant. En effet, un gamin peut s’adapter à tout s’il est entouré d'amour et s’il sent que ses parents se respectent mutuellement et l’aiment inconditionnellement… Le fossé est énorme entre les réactions des enfants dont les parents assument leurs responsabilités et ceux dont les parents se déchirent sur les causes ou conséquences de leur rupture. 

Parfois, pour certaines familles, le recours à une thérapie sera le seul moyen de sortir d'une guerre de tranchées dans laquelle les enfants souffrent. La coparentalité, c'est d'abord une affaire de parents qui acceptent leur séparation. Sans ça, inconcevable de construire une relation en bonne santé !  ».

 

Et maintenant ! Parole aux enfants … comment devenir des bons parents séparés ?

 

paroles d'enfant sur la coparentalitéZoé / 11 ans, demoiselle très prometteuse

« Quand papa et maman nous ont annoncés qu’ils allaient divorcer, j’ai eu très peur pour moi et ma petite sœur, je pensais que c'était à cause de nous et qu’ils allaient toujours se crier l’un sur l’autre. On est allé voir une dame, une médiatrice familiale et elle a dit qu’il faudrait du temps pour accepter la séparation de nos parents. Finalement, ça a plutôt bien été puisque papa et maman ont totalement arrêté de se disputer maintenant. Avant, ils criaient beaucoup et ça nous faisait pleurer alors que maintenant, ils se parlent gentiment et on va même au restaurant tous les 4 une fois par mois. Je préfère qu’ils soient gentils l’un avec l’autre, même s’ils ne vivent plus dans la même maison… Souvent, je me dis que ce serait bien qu'ils redeviennent amoureux mais je crois que c'est impossible, en plus que maman a un nouvel amoureux mais on ne le connaît pas encore ...»

Aristide / 10 ans, jeune chevalier !

« Tous mes copains ont des parents divorcés et je savais que ça allait m’arriver aussi parce que papa était de moins en moins souvent à la maison et maman avait plutôt l’air contente de ça. Bref, quand ils m’ont dit qu’ils se séparaient, je n’étais pas vraiment étonné mais j’avais surtout peur de plus jamais les avoir ensemble avec moi. En fait, c’est plutôt cool car ils s’entendent mieux maintenant et ils rigolent même bien plus qu’avant. Ils viennent à mes spectacles de théâtre et à mes matchs de tennis, ils sont toujours là pour moi et je trouve que c’est bien sauf que j’aimerais que papa retrouve une femme mais c’est une autre histoire ! »

les enfants et la coparentalite Mouad / 11 ans, super héros des cours de récré !

"J’avais bien prévenu mon père qu’il n’avait pas intérêt à nous laisser tomber même s'il se séparait de maman. Mon frère est plus grand alors il s’en fichait un peu que nos parents se séparent mais moi, j’aimais bien que papa soit à la maison tous les soirs et tous les week ends. Au début, c’était très dur parce qu’ils s'engueulaient tout le temps et maman pleurait beaucoup, je déteste voir ma mère pleurer et ça lui défigure le visage. Après, ils ont été à des rdv avec un docteur du cœur (thérapeute;) et ça a été mieux. Pendant un moment, on n'a plus beaucoup vu notre père et là, j'ai flippé, je croyais qu'il allait nous oublier avec une nouvelle famille comme dans certains films américains. En fait, il devait trouver un autre appartement pour vivre et il a fini par avoir un logement pas loin. Maintenant, on va chez papa un week end sur deux et ça se passe bien, il parle plus tranquille avec maman et elle n’est pas toujours énervée contre lui comme avant. J’aimerais mieux qu’ils se remettent ensemble mais je préfère quand même qu’ils ne se bagarrent plus maintenant."

Alizée / 8 ans, princesse paillettes

« C’est triste que mes parents ne s’aiment plus d’amour mais ils restent quand même gentils ensemble et ils nous aiment pour toujours avec mon petit frère. J’avais peur qu’on ne puisse plus voir papa ou que maman soit triste quand on ira chez lui mais ça va, c'es plutôt mon petit frère qui pleure de quitter maman quand on va chez papa. Parfois, ils rient ensemble et ça me donne envie qu’ils se remarient. Le plus important, c’est qu’ils nous aiment et qu’ils soient heureux et aussi qu'ils ne se crient plus très fort pendant des disputes parce que ça, c'était le plus horrible. Et bientôt, ils vont venir ensemble voir mon spectacle de danse contemporaine, tous les deux comme avant ! »

Amalia / 16 ans, jeune adulte en devenir …

« Je craignais surtout que la séparation de nos parents impacte mes petites sœurs qui avaient 7 et 4 ans. Avec du recul, je pense que c’était finalement ce qui pouvait arriver de mieux tant le contexte était tendu entre eux. Même s’ils se disputaient rarement, ils n’étaient pas heureux et l’ambiance à la maison était pourrie. Quand j’étais petite, ils étaient très complices et amoureux, j’avais de la peine pour mes petites sœurs qui n'ont jamais connu ça d'eux. J’avoue qu’en bonne ado., je m’absentais un max de chez nous pour fuir cette ambiance. Quand ils ont annoncé leur divorce, ça a été comme un soulagement et même si les petites ont d’abord mal vécu le truc, je dois dire que nos parents ont été irréprochables pour les aider à accepter la décision. Ils ont fait l’effort de parler des heures avec elles, de les rassurer, de les cajoler. Aujourd’hui, ils s’entendent bien et partagent de bons moments avec nous trois. Je crois que ce qui compte vraiment, c’est que chacun soit épanoui dans sa vie pour rendre heureux ses proches. »

les enfants et le divorce Noé, 14 ans, la voix de la sagesse

" Mes parents ont divorcé l'an dernier, ça a été très difficile au début car ma maman a fait une depression et mon père s'en fichait. Plus personne ne voulait le voir, toute ma famille le détestait parce qu'il avait quitté ma mère pour une femme plus jeune et qu'il était parti du jour au lendemain vivre avec elle et ses enfants. J'avoue que moi aussi j'avais grave la rage contre lui et je ne répondais plus à ses appels. Pendant des mois, on n'a pas vu notre père et on entendait que des choses négatives sur lui. Nos oncles, nos tantes, nos grands-parents, les amis de maman, tout le monde était contre lui. J'ai fini par me dire qu'on ne le verrait sans doute plus jamais et j'avais les boules. Au début des vacances d'été, il a demandé à partir 15 jours avec mon petit frère et moi mais maman n'a pas voulu. J'étais déçu de ne pas le voir mais ça aurait fait tellement de peine à ma mère et puis la laisser toute seule, c'était impossible, je flippais qu'elle se suicide. Un peu avant la fin des grandes vacances, il est venu apporter des sacs à dos et des fournitures scolaires pour la rentrée. Je trouvais que c'était cool mais ma mère a hurlé sur lui et il est parti comme un voleur.

J'avoue que ça m'a fait chialer et que j'en voulais un peu à ma mère de l'avoir chassé comme un sale type. Plus tard, j'ai décidé de parler de tout ça avec mon cousin dont les parents sont aussi divorcés et qui est plus vieux que moi. Après notre discussion, j'ai compris que le seul moyen que ça se calme, c'était que mon père comprenne qu'il avait fait trop de mal et qu'il devait s'excuser. J'ai envoyé un sms énorme à mon père, j'ai dit tout ce que j'avais sur le coeur et qu'on en avait ras le bol que lui et maman n'arrivent pas à se parler normalement. Quelques jours après, ils ont réussi à discuter longtemps et avec mon frère, on écoutait à la porte. Ils ont parlé de leur divorce, des affaires à régler et surtout de nous, comment ils devaient s'organiser, la pension alimentaire et tout ça. Ma mère a encore beaucoup pleuré après mais elle a accepté qu'on aille chez notre père une semaine sur deux. Maintenant, ça va mieux. Ils parlent sans crier et même s'ils ne se voient quasiment jamais, ils arrivent à gérer par messages. C'est triste quand même mais c'est mieux qu'avant."